I. Ibid., p. n
absoudre par le Pape, mais encore approuver, lorsqu'on sait qu'ils faisaient ensuite assassiner Henri IV et qu'ils obtenaient de même l'approbation du Saint-Siège, enfin lorsqu'on sait que tous leurs livres de doctrine régicide ont été approuvés par leurs Supérieurs, quelquefois par le Souverain Pontife, avec tous ces faits présents à la mémoire, que reste-t-il à penser'? »
Le Comte de Montlosier, gentilhomme « royaliste et catholique », est, comme on le voit, dans le ton des pamphlétaires les plus débridés : il ne faut pas oublier que l'écrivain, qui rend ainsi le Saint-Siège complice des crimes qu'il impute à un Ordre religieux, a commencé par déclarer que « son opposition n'est nullement antireligieuse, mais au contraire toute favorable à la religion ». Quand elle arrive à ce degré, l'incohérence semble bien se confondre avec l'inconscience.
En même temps que les feuilles de la nuance du Constitutionnel et du Journal des Débats couvraient d'éloges le Mémoire et en servaient à leur public de copieuses analyses, on vit paraître une nuée de livres et de brochures qui en étaient l'écho et le commentaire. La plupart s'occupent seulement de la Congrégation et des Jésuites, des Jésuites surtout; toute cette littérature de contes puérils ou d'insanités dont nous avons parlé plus haut semble graviter autour du Mémoire de Montlosier; elle le prépare ou lui fait cortège. Les Jésuites modernes de l'abbé Marcel de la Roche-Arnaud portent en sous-titre : Pour faire suite au Mémoire de M. le Comte de Montlosier. Un autre factum du même va jusqu'à plagier le titre du chef-d'œuvre : Nouveau Mémoire à consulter du Jeune Jésuite. Les « Monita sécréta » avaient déjà été réédités deux ans auparavant; au lendemain du Mémoire, on en fait une édition de propagande, en y ajoutant le Rapport de M. Portails avec le Projet d'Arrêt du Conseil d' Et aC^.