‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 25 sur 358 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

à Brugelette, jusqu'au jour où la loi de 1850 inaugure une ère de liberté relative. Dans l'enthousiasme qu'elle provoque, on se laisse entraîner plus vite et plus loin que ne l'eût conseillé la prudence. Avant la fin de la seconde année, les Jésuites ne s'étaient pas mis sur les bras moins de quatorze à quinze collèges. En l'espace de trente ans, ce nombre fut doublé, et ce furent au total vingt-neuf collèges, comprenant trois grandes écoles préparatoires, qu'atteignit le coup de force de 1880, prélude de la proscription définitive de 1901. Dès lors la Compagnie de Jésus, systématiquement et implacablement évincée de toute fonction éducatrice, n'exerce plus sur ses anciens collèges que le patronage moral qui s'attache à son nom et à son souvenir. Cette fois encore, avec une obstination dont ils ne sont pas près de se guérir, les Jésuites français ont ouvert, hors des frontières, chez nos voisins et jusqu'en Egypte, des maisons d'éducation françaises; mais la clientèle française qui les suit dans l'exil ne saurait être qu'une ombre de celle d'autrefois, et ils sont bien obligés de se dire que leur action sur l'éducation de la jeunesse française appartient désormais à l'histoire.

Cette action, le moment serait donc venu de la juger. Je n'ai pas qualité pour le faire et je laisse ce soin à ceux qui pensent être suffisamment informés et suffisamment dégagés de prévention pour ou contre. J'essaierai toutefois de redresser certains jugements, en rétablissant la vérité sur les faits et en éclairant quelques points généralement mal connus.

L'œuvre pédagogique des Jésuites a eu des détracteurs de parti pris. 11 n'y a pas lieu de s'en étonner. C'étaient pour la plupart des rivaux mal contents, des universitaires ou des patrons maladroits de l'Université qui croyaient la servir en dépréciant ceux qui osaient lui faire concurrence. Les élèves des Jésuites avaient des succès dans les examens : c'est que les Jésuites possédaient les recettes qui 'constituent l'art du « bourrage » ; mais le « bourrage »

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