‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 26 sur 358 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

n'est pas de l'enseignement. Quant à réducation donnée dans leurs collèges, on affectait de la confondre avec « les belles manières », et on mettait bien au-dessus le sansfaçon simple, viril et démocratique, dont on se contentait dans les établissements universitaires. M. Henri Marion, qui a laissé un souvenir à la Sorbonne comme professeur de la « Science de l'éducation », publia, il y a quelque vingt ans, un livre où ce parallèle était copieusement développé. 11 n'y a pas lieu de s'arrêter ici à des critiques de ce genre. 11 y en a de plus sérieuses, et ne craignons pas de le dire, de plus pénibles.

Il s'est rencontré dans les rangs des catholiques des censeurs sévères qui ont reproché à l'enseignement libre de n'avoir pas répondu aux espérances qu'on avait fondées sur lui. Ils sont allés jusqu'à parler de « faillite ». Les collèges dirigés par le clergé séculier et les Congrégations religieuses réunirent, dit-on, à un moment, autant d'élèves que les établissements universitaires, peut-être même un peu plus. Une moitié, ou tout au moins une forte proportion des hommes appartenant aux classes dirigeantes ont donc reçu la formation chrétienne, qui étaitla raison d'être de ces collèges. Gomment se fait-il qu'ils aient exercé si peu d'influence sur la chose publique et que le pays soit devenu la proie des mécréants et des sectaires?

Voilà le grief. Inutile de dire que le problème qu'il soulève est bien vaste et bien complexe, et que ce n'est pas ici qu'on tentera d'en donner une solution adéquate. Mais le grief, même ramené à une juste mesure, n'est pas de ceux qu'on esquive par prétérition; il impose un retour sur soi-même, un examen de conscience, et peutêtre aussi des aveux plus ou moins désagréables à l'amourpropre. Toutefois, qu'on veuille bien le remarquer, nous n'avons à répondre ici que pour la part prise par les Jésuites dans l'enseignement libre, pendant la période assez courte où eux-mêmes ont joui de la liberté. Or, cette part ne fut pas aussi considérable qu'on serait porté à le croire d'après le bruit fait autour de leur nom. Leurs

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