CHAPITRE IX
1. — L'Ordonnance contre les Jésuites et le serment du test. L'Ordonnance est-elle légale? Consultation de Berryer. Une Congrégation religieuse non autorisée n'est pas une Congrégation prohibée. Protestations de la presse religieuse.
IL — Résistance de l'épiscopat. Remontrances de l'archevêque de Paris au nom de la Commission, Le Comité de défense. Le Mémoire présenté au Roi avec la signature de 70 archevêques ou évêques. Fureurs de la presse libérale. Feutrier gourmande les évêques.
m. — Négociations duGouvernement avec le Saint-Siège.On veut obtenir du Pape qu'il désavoue la résistance des évêques ou du moins ne l'encourage pas. Trois négociateurs : Le chargé d'affaires, Bellocq, le duc de Blacas, M. Lasagni. Léon XII harcelé acquiesce aux désirs du Roi. La note du cardinal Bernetti. Elle est transmise aux évêques par le grand aumônier.
IV. — Le terrible « Non possumus » .Capitulation de l'épiscopat. Le Gouvernement se montre accommodant. Feutrier et l'archevêque de Toulouse. Un prélat intransigeant, Mgr de Pins, archevêque d'Amasie, administrateur apostolique du diocèse de Lyon. Il recourt au pape dès le début de la querelle. Ses lettres restent sans réponse. Le Bref du i5 novembre. Un point de doctrine fixé. Conclusion de l'affaire des. Ordonnances.
V. — La campagne reprend plus violente contre les Jésuites. Pétitions pour leur expulsion. M. Dupin. D'autre parties témoignages de sympathie se multiplient à leur égard. Déclarations des évêques, du clergé, à Amiens, à Aix, à Dôle, etc.; des conseils généraux; des municipalités ; des pères de famille, des anciens élèves.
VI. — Les derniers jours des Petits-Séminaires-Collèges des Jésuites sous la Restaviration : à Saint-Acheul, à Sainte- Anne d'Auray, à Aix. La distribution des prix de i8a8. A Montmorillon . Protestation des élèves de Saint-Acheul.
\il. — L'œuvre d'éducation des Jésuites sous la Restauration. Quelques chiffres. Beaucoup de leurs élèves ne persévèrent pas dans la fidélité aux principes qu'ils ont reçus. Triste situation des étudiants à cette époque. Les « Souvenirs de Saint-Acheul ».
VIII. — Quelques religieux de la Compagnie de Jésus qui ont bien mérité dans le service de l'éducation de i8i4 à 1828. Le P. Loriquet : le recteur
de Saint-Acheul; l'écrivain; l'histoire de France; la « sotte phrase ».
IX. — Le P. Sellier directeur spirituel. Le P. Guidée, préfet général. Le P. Louis de Bussy, directeur d'Académies et de Congrégations, Charles-François Hallu, etc. Les Jésuites et l'opinion publique sous la Restauration.
L'Ordonnance dirigée contre la Compagnie de Jésus lui portaitassurément un coup terrible, non pas seulement par la fermeture de huit établissements prospères, mais plus encore par l'efï'et moral qu'elle devait produire sur l'opinion. Le gouvernement royal se faisait ainsi solidaire de toutes les calomnies accumulées contre les Jésuites ; son attachement à la religion rendait plus significative encore sa sévérité à leur égard. Il fallait que cette Société fut vraiment le « fléau » dénoncé par Montlosier, pour qu'un roi dévot comme l'était Charles X se crût obligé de prendre contre elle tant de précautions.
Etrange coïncidence, quelques semaines auparavant le Parlement d'Angleterre venait d'abolir cet odieux serment du test^ qui depuis un siècle et demi fermait aux catholiques anglais l'accès des fonctions publiques; la France de la Restauration recueillait cet héritage de l'intolérance protestante. Pour écarter les Jésuites de l'enseignement, on imposait à quiconque voulait y prendre du service une déclaration qui n'était qu'une variante du test.
Ici une question se pose tout d'abord : L'Ordonnance était-elle légale ? L'incapacité édictée par elle contre une catégorie de citoyens pouvait-elle se concilier avec les principes du Droit moderne et avec la Charte qui les avait proclamés ?