I . Lecanuet, Montalembei't, tome l^\ p
qui entraient, au sortir du collège, dans l'atmosphère parisienne, ne pouvaient guère, à moins d'être exceptionnellement trempés, tenir contre le courant. Ces déiaillances, heureusement, ne sont pas sans retour; et au surplus, il serait injuste et déraisonnable de s'en autoriser, comme on Ta fait quelquefois, pour parler de la faillite de l'éducation des collèges chrétiens.
Voici d'ailleurs, en regard de ces défections, toujours regrettables même quand elles sont momentanées, quelques spécimens de l'éducation qui se donnait dans les Petits-Séminaires-collèges des Jésuites sous la Restauration. Le Père Loriquet avait déjà publié en 1827 Quelques particularités édifiantes sur la vie et la mort de quelques jeunes étudiants. Il employa les premiers jours de loisir que lui firent les Ordonnances à mettre au point un certain nombre de notices sur des élèves morts, les uns au Petit-Séminaire même, les autres peu après leur sortie. Ce recueil parut avant la fin de l'année sous le titre de Souvenirs de Saint-Acheul., ou Vies de quelques jeunes étudiants ^ Dans la pensée de l'auteur ces biographies avaient pour but de fournir à la jeunesse des modèles plus imitables que les Louis deGonzague etlesStanislasKostka. Les Souvenirs de Saint-Acheul ont été réédités plusieurs fois avec des additions. Ce fut le premier essai d'un genre qui produisit à une autre époque les Souvenirs de Saint- Clément de Metz, les Souvenirs de V Ecole Sainte-Geneviève et d'autres encore.
Parmi les religieux que la Province de France à ses débuts employa à l'éducation dans les Petits-Sémi-
I. En signalant l'apparition des Souvenirs, l'Ami de la Religion nomme trois élèves de Saint-Acheul, un Larochejacquelein, un Choiseul, et un La Ferronnays flls du ministre des Affaires étrangères, qui combattent « en ce moment (21 janvier 1829) pour l'indépendance de la Grèce ». (Tome LVIII, p. SaS.) L'édition de 1828, Amiens, Garon-Vitet, in-iB de 4^2 pages, comprend vingt-cinq notices.