I. Grandidier, op. cit., p
qui institua l'Académie de littérature qui fut jusqu'au dernier jour de Saint-Acheul un précieux instrument d'émulation et de progrès. En même temps il dirigeait la Congrégation de la Sainte Vierge ; c'est au Père Louis de Bussy qu'elle dut son organisation, ses règlements, différentes pratiques et usages qui devaient entretenir sa ferveur au dedans et étendre son action au dehors. C'est ainsi qu'il répartit ses congréganistes en sections dont chacune avait ses attributions spéciales de piété, de zèle ou de charité. Malgré sa jeunesse il était en vénération parmi les élèves; les Annales de Saint-Acheul en ont conservé des témoignages non équivoques. Nombre d'entre eux réclamèrent la faveur de le veiller pendant sa dernière maladie; la plupart voulaient recevoir sa bénédiction, « et l'on remarqua, dit l'annaliste, que cette bénédiction produisit des effets merveilleux ; plusieurs changèrent de conduite et furent cités depuis comme des modèles ». Beaucoup de ceux qui le visitèrent après sa mort emportèrent des parcelles de sa soutane pour les conserver comme des reliques.
Nous avons retrouvé dans de vieux recueils quantité de pièces d'éloquence et de poésie que les académiciens de Saint-Acheul consacrèrent à la mémoire de leur cher maître, entre autres tout un petit poème en hexamètres fort bien tournés, sous ce titre : Elegiacum de morte Lodoicis deBussy inter discipulos colloquiiun. 11 est signé L.-M. Marquet, un de ces rhétoriciens de Saint-Acheul, passablement nombreux, qui se donnèrent à la Compagnie de Jésus, et qui avaient trouvé au pied de la chaire du Père de Bussy leur vocation religieuse en même temps que leur formation littéraire. Toutefois le plus bel éloge du jeune professeur est encore dans ce cri de douleur arraché à celui à qui, après Dieu, lui-même devait sa vocation : « Hélas! écrivait le vénérable Père Sellier dans son journal intime, quel trésor nous avons perdu, en perdant cette àme si belle, si simple, ce religieux si instruit, si détaché de lui-même et si modeste avec tant de talents ! »