XLIV INTRODUCTION
de Rome et dépendance vis-à-vis du pouvoir royal résument les « libertés de l'Église gallicane ». Le gouvernementde la Restauration comble l'épiscopat de prévenances et d'honneurs; mais en même temps il lui prescrit de faire enseigner dans les séminaires les quatre articles de 1682, et il indique les Manuels de théologie dont on devra se servir!
D'autre part, l'esprit janséniste règne en maître dans le clergé qui semble prendre à tâche, par un rigorisme intraitable, de rendre la pratique des sacrements inaccessible et odieuse. Une spiritualité sèche et froide paralyse les âmes et tend à faire de la religion une discipline purement intellectuelle où le cœur n'a rien à voir. On parle de Dieu, mais on semble ignorer Jésus-Christ Notre Seigneur.
Un siècle a passé ; le gallicanisme doctrinal est mort. Après s'en être servis pour molester l'Eglise tant qu'ils ont eu en mains le Concordat, nos législateurs ont fini par sceller sa tombe, et lui enlever, par la séparation de l'Église et de l'État, tout prétexte à renaître. Jamais les doctrines dites ultramontaines n'ont été plus en faveur, et jamais l'union de la France chrétienne avec le centre de la catholicité n'a été plus étroite et plus cordiale. Le jansénisme, lui aussi, a disparu de la scène. Ce qu'il en reste n'est plus guère qu'un vieux manteau dans lequel se drapent quelques doctrinaires maussades, posant pour la vertu antique. Débarrassées de ce mauvais levain, les âmes religieuses ont de nos jours une vie plus saine et plus intense.
11 est incontestable que la Compagnie de Jésus a eu sa part dans la double évolution que nous venons de rappeler. Ce n'est pas elle qui donna le signal de l'assaut contre le gallicanisme ; l'honneur en revient à Lamennais et à son école. Mais, sans suivre dans leurs outrances ces trop ardents lutteurs, elle a travaillé avec énergie et persévérance à ce retour de la France vers Rome, qui est désormais un fait accompli. Personne ne le