‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 42 sur 358 · I. Jrchiv. Lugd., xxi, p · texte numérisé non relu

I. Jrchiv. Lugd., xxi, p

siècles, tout comme le corps humain peut vivre amputé d'un de ses membres. Il n'en est pas moins vrai que le membre absent lui manque, et la privation est toujours gênante et souvent douloureuse. Une sensation analogue se produit dans le corps de l'Eglise quand la persécution lui arrache les instituts religieux qui sont des organes de sa constitution à l'état normal. La Compagnie de Jésus lui manquait plus que d'autres, en un temps où elle avait à supporter un des plus terribles assauts qui lui aient jamais été livrés.

11 ne faut donc pas s'étonner que l'on se soit de très bonne heure préoccupé de combler de quelque manière les vides que la suppression des Jésuites avait laissés dans les rangs des défenseurs de l'Eglise. A vrai dire, des projets de restauration se font jour dès l'abord dans beaucoup d'esprits; on paraît persuadé que l'extinction de la Société n'est que temporaire, que, un peu plus tôt ou un peu plus tard, sous une forme ou sous une autre, elle renaîtra de ses cendres. En attendant, des âmes généreuses, éprises de dévouement et affamées d'apostolat aspirent à suppléer dans la mesure de leurs forces la milice de saint Ignace, résolues d'ailleurs à se donner à elle le jour où il plairait à la Providence de la rappeler à la vie.

Telle est la pensée qui donna naissance à deux sociétés de prêtres, plus tard fondues en une seule, dont nous devons ici esquisser l'histoire. Elles contribuèrent, en effet, à préparer le rétablissement de la Compagnie de Jésus, et le moment venu, nombre d'excellents sujets formés par elles se trouvèrent tout prêts à renforcer le petit noyau des Jésuites de la Russie Blanche.

Mais tout d'abord il faut dissiper une légende. On a dit et répété que les Jésuites atteints par le Bref de dissolulion avaient essayé de tous les moyens pour s'y soustraire ; ils s'étaient reformés bien vile sous des noms nouveaux. Les Pères de la Foi, les Pères du Sacré-Cœur, etc., n'auraient été que des associations de Jésuites déguisés.

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