CHAPITRE PREMIER
contraire aux lois était en même temps hostile au régime impérial. Tout étant ainsi préparé, le cas des Pères de la Foi fut l'objet d'une délibération dont le programme dicté par l'empereur trahit l'inspiration de Fouché. La pièce est au moins curieuse :
« Ordre. Fontainebleau, 19 octobre 1807.
« 11 sera tenu un petit Conseil composé du Grand Juge, du Ministre de la Police, de trois conseillers d'Etat, et de Portails, maître des requêtes.
« On examinera la situation des Congrégations... Qu'est-ce que les Pères de la Foi? S. M. les a supprimés à Amiens; ils ont été défendus dans le diocèse de Lyon, et cependant ils existent; il y en a à Clermont' qui rivalisent avec l'Instruction publique, discréditent les lycées et s'emparent de l'esprit de la jeunesse. On assure qu'ils entretiennent des rapports avec Rome et qu'ils ont un chef secret. Cela est-il en effet? Où sont-ils établis? Combien sont-ils? Qu'est-ce qui distingue un Père de la Foi d'un Père de la Compagnie de Jésus? A quoi les reconnaît-on? Combien y a-t-il de collèges entre leurs mains ? Enfin quels moyens faut-il prendre pour empêcher les associations qui entretiennent en France des pratiques et des correspondances étrangères?
« ... Qu'est-ce que les Sulpiciens? Les uns assurent que ce sont des Jésuites, les autres des Molinistes. Combien sont-ils^?... »
A quelques jours de là Napoléon laissa éclater sa colère. Le 1" novembre, en pleine cour, au palais de Fontainebleau, il reprocha à son oncle de l'avoir trompé ou de s'être laissé tromper par les Pères de la Foi; il se répandit en récriminations amères contre ces hommes qui prétendaient, « sans son autorisation, s'emparer de l'éducation de la jeunesse de France ». Et il conclut en enjoignant au cardinal d'avoir à dissoudre sur-le-champ tous leurs