‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 56 sur 358 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ordres sur la seule énergie de son oncle. Six semaines plus tard, il envoyait ses instructions à Fouché :

Fontainebleau, 17 décembre 1807.

« ... Vous vous concerterez avec le Sieur Portails sur les moyens de dissoudre toutes les congrégations des Pères de la Foi, en cherchant les plus doux, mais en même temps les plus efficaces. Etendez cette mesure à tout l'empire. Vous aurez soin que ces individus n'aient aucun point de réunion, et je vous rends responsable de l'existence de toute société de ces religieux. Serions-nous donc dans le temps de faiblesse et d'inertie où les volontés de l'administration ne pouvaient être exécutées? Le premier diocèse par lequel vous devez commencer est celui de l'archevêque de Lyon; mais, avec ce prélat comme avec tous les autres, il ne faut parler que les pièces à la main et ne s'engager dans aucune discussion de théologie. Je ne veux pas de Pères de la Foi, encore moins qu'ils se mêlent de l'instruction publique pour empoisonner la jeunesse par leurs ridicules principes ultramontains. Il vous sera possible de vous procurer les renseignements dont vous aurez besoin sur les Pères de la Foi par leur supérieur, le Père Varin, qui paraît être un aventurier *. »

D'ailleurs on était arrivé à cette période du règne où les formes de la justice ne protégeaient plus les personnes contre l'absolutisme du Maître; la menace de déportation n'était pas un simulacre à intimider les naïfs. Le régime des prisons d'Etat, avec tout ce qu'il comporte d'arbitraire, était rétabli; on pouvait y être enfermé sans instruction judiciaire, sans procès et sans jugement. Il suffisait d'être réputé dangereux, quelquefois simplement d'avoir déplu^. Le cardinal Fesch lui-même, pour avoir fait

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