CHAPITRE II
Une semaine après, Napoléon écrivait à Fouché :
De Luxembourg, 17 vendémiaire, an XIII (9 octobre 1804).
«... Vous préviendrez les rédacteurs du Mercure et du Journal des Débats que je n'entends point que le nom des Jésuites soit même prononcé et que tout ce qui pourrait amener à parler de cette Société soit évité dans les journaux. Je ne permettrai jamais son rétablissement en France. L'Espagne n'en veut pas; l'Italie n'en veut pas non plus. Tenez-y donc la main et faites connaître aux différents préfets qu'ils veillent à ce que le mouvement qu'on voudrait donner pourle rétablissement des Jésuites n'ait pas même de commencement'. »
La volonté du maître fut obéie par des ministres dont le zèle n'avait d'ailleurs guère besoin d'être stimulé, du moment qu'il s'agissait des Jésuites. On a vu ce qu'il en coûta aux Pères de la Foi de passer pour tels. Les anciens Jésuites, ceux d'avant la suppression, étaient déjà bien peu nombreux en France à cette date de 1804, où Napoléon prenait ainsi des mesures contre le rétablissement de la Société. 11 y avait quarante-deux ans que les arrêts des Parlements avaient fermé toutes ses maisons, dispersé tous ses membres et rendu impossible tout recrutement. Beaucoup avaient péri pendant la Révolution. « Un catalogue dû aux patientes et pieuses recherches du P. Aloys Pfister, donne les noms de trente-huit anciens Jésuites,