‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 66 sur 358 · I. Histoire du P. de Glorivière, p · texte numérisé non relu

I. Histoire du P. de Glorivière, p

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inaugurait une forme de vie religieuse inouïe jusqu'alors; elle n'allait à rien moins qu'à fonder et perpétuer « au milieu du monde, à l'insu du monde et malgré le monde », la pratique de la perfection évangélique.

Pareille conception pouvait paraître hardie, même téméraire. D'après les notes intimes du Père de Glorivière, l'inspiration lui en fut donnée d'une manière oîi il est difficile de ne j)as reconnaître l'action directe de l'esprit de Dieu, Ce qui prouve du moins qu'elle venait à son heure, qu'elle s'adaptait aux nécessités des temps, c'est la multitude des instituts qui, depuis lors, se sont établis sur les mêmes bases.

C'est le 2 février 1791 que l'une et l'autre Société prirent authentiquement naissance à Paris dans de pieuses réunions où les premiers associés scellèrent leurs engagements au pied de l'autel. La Révolution était déjà entrée dans la phase violente ; le Père de Clorivière se consacra au développement de son œuvre au milieu des tracasseries, des persécutions et des dangers auxquels étaient exposés les prêtres réfractaires. Son nom et ses relations de famille le classaient parmi ces suspects qui d'un moment à l'autre pouvaient prendre le chemin de la prison et de l'échafaud. Son frère, M. de Limoëlan, compromis dans la conspiration de la Rouairie, fut guillotiné le 18 juin 1793 ; sa nièce MmeDesilles eut le même sort; sa sœur, Mère Thérèse de Gonzague, religieuse de la Visitation, futcondamnée parle tribunal révolutionnaire, mais arrachée à la mort par la chute de Robespierre. Un de ses neveux, engagé dans la troupe de Frotté, fut tué dans une rencontre avec les républicains. Plusieurs de ses disciples de l'une et de l'autre Société comptèrent également parmi les victimes de l'orgie révolutionnaire. Pour lui, il y échappa comme par miracle.

Au sortir de la tourmente, il envoyait à Rome un Mémoire renfermant le Plan de vie déjà mis à l'épreuve dans les deux Sociétés durant dix années de persécution, et il avait la consolation de le voir approuvé et encouragé

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