‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 7 sur 358 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

les quatre Provinciaux de France expliquèrent dans une Déclaration rendue publique les motifs pour lesquels ils croyaient devoir s'abstenir d'un geste non seulement inutile, mais qui ne leur semblait pas conciliable avec le respect des principes ^

Dès lors était ouverte la période dite de « liquidation », en réalité période de destruction accompagnée de confiscation. Gela dure depuis treize ans et peut durer longtemps encore. La liquidation des établissements de la Compagnie de Jésus, ordonnée par les arrêts des Parlements en 1763, n'était pas achevée quand éclata la Révolution. Cette fois les Jésuites ne sont pas seuls en cause. La presque totalité des Congrégations religieuses d'hommes et la grande majorité des Congrégations de femmes sont également victimes du pillage légal. Par le fait des lois de séparation, il a fallu se mettre à « liquider » aussi les biens de l'Eglise. On sait à quels scandales et à quelles ignominies ont donné lieu ces sortes d'opérations; l'opinion publique a fini par être blasée; elle assiste à ce spectacle avec une indifférence qui est un fâcheux signe des temps; il est à craindre qu'un peuple chez qui le sens de la justice est ainsi émoussé ne soit prêt pour subir toutes les fantaisies de ceux qui le mènent en ayant l'air de le servir.

Comme les autres religieux les Jésuites se sont vu déposséder de leurs immeubles en vertu d'une législation faite tout exprès pour la circonstance et dans laquelle les règles élémentaires du Droit ont été outrageusement violées. La perte a son importance. Dans l'enquête que le gouvernement fît faire en vue de préparer la spoliation, les biens de la Compagnie de Jésus figuraient pour un total de 49 millions. C'est quelque chose, encore qu'on eût pu croire qu'il y avait davantage. Toutefois on peut s'en rapporter aux enquêteurs, bien plus disposés à enfler les évaluations qu'à les diminuer. 11 s'agissait d'aboutir au fameux milliard. On aimerait à savoir ce qui est entré

1. Voir celte Déclaralion au tome LXXXVIII des Etudes, p. 864-

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