CHAPITRE II
impériales de tous ceux qui occupaient des fonctions piibliffues, « et aussi de tous les hommes d'opinion suspecte ». « Sous ce rapport, dit l'annaliste de Saint-Acheul, tous les directeurs de Séminaires se trouvaient nommément désignés pour avoir à prêter ce serment. Nous étions bien décidés, si on l'exigeait, à le refuser ; mais dans ce cas, notre établissement était détruit et tous nos élèves dispersés ... Dieu voulut que les ordres qui nous regardaient demeurassent enfouis à la Préfecture sous d'autres papiers et que, par une inconcevable distraction, l'on s'imaginât comme nous l'apprîmes depuis, que nous avions rempli la formalité imposée. Ce fut cette persuasion qui sauva Saint-Acheul d'une ruine totale ^ »
Le Père de Glorivière était demeuré seul à la maison de la rue des Postes avec le Père Coulon et le Frère Malet. Naturellement la police impériale vint perquisitionner chez des hommes aussi dangereux. C'était de grand matin ; le Père achevait de dire sa messe. — « Nous voulons voir vos papiers », lui dit le commissaire. — « Je n'ai pas de papiers, repartit le vieillard ; je ne puis ni lire ni écrire. » Le commissaire se fit néanmoins conduire dans le cabinet de travail et saisit ce qui lui tomba sous la main. Appelé quelques jours plus tard au bureau du commissariat, le Père de Glorivière s'attendait à être incarcéré; il voulait aller seul; le Frère Malet insista pour l'accompagner, bien résolu à le suivre en prison, s'il le fallait. Tout se réduisit à un interrogatoire. Quant aux pièces qu'il avait emportées, le commissaire promit de les renvoyer après en avoir pris connaissance. A quoi le Père répondit : « C'est inutile; cela ne me sert de rien. »
L'alerte n'eut pas de suite. Le temps manqua au gouvernement de l'empereur pour rétablir le système d'universelle compression qu'il avait fait peser sur le pays. Il avait à faire face à des adversaires plus redoutables que les Pères de la Foi, même devenus Jésuites. Vaincu irrémédiable-