CHAPITRE III
I. — La seconde Restauration. Les Jésuites au Séminaire de Soissons. Terrible accident du i3 octobre i8i5. Le Petit-Séminaire de Sainte- Anne d'Auray. Le Père Pierre Cuénet. Avignon et Forcalquier. Le Père Léopold Boissard. Fondation de la résidence de Laval, mai 1816. Les Missions à l'intérieur sous la Restauration. La Société des Missions de France. La Mission de Saint-Malo. Le Père Sellier apôtre de la Picardie.
n. — Le Père Varin et Mme Barat. Les débuts du Sacré-Cœur. La crise de i8i5. L'abbé de Sambucy. Le premier noviciat. A l'hôtel Biron.
III. — Le Père Varin et la Mère Julie Billiart. La Congrégation des Sœurs de Notre-Dame. La Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille. Mme de Bonnault d'Houet et les Fidèles Compagnes de Jésus. Le monastère des Oiseaux. Les Augustines du Saint-Cœur de Marie.
IV. — Le Père Roger à Lyon. La Congrégation des Messieurs. L'association de Notre-Dame des Victoires. Les commencements de la Société de Nazareth. Les programmes d'éducation du Père Roger. « La Société prospérera sur notre tombe. »
V. — Origines de la Congrégation. Le Père Bourdier-Delpuits. Organisation de la Congrégation. Les réunions. Le recrutement. Pie VII et la Congrégation. Napoléon et la Congrégation. Les successeurs du Père Bourdier-Delpuits. La Société des Bonnes-Œuvres. Le Père Ronsin. Progrès de la Congrégation. Fables extravagantes. Recueillies par des historiens sérieux. Ferveur des Congréganistes. La Congrégation et les Missions. Les Congrégations en province.
Au début de la seconde Restauration la Compagnie de Jésus, un moment déconcertée par la secousse des Cent-
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Jours, reprend sa marche en avant. Du mois d'octobre 1815 au mois d'octobre 1816, son effectif s'augmente de soixante-six nouvelles recrues. Aux trois petits-séminaires dont elle avait déjà la direction s'ajoute celui de Sainte- Anne d'Auray. En outre les Pères déjà installés au grandséminaire de Soissons durent accepter encore la charge du petit-séminaire. Toutefois révêque,Mgr Leblanc de Beaulieu, cédant aux suggestions d'une partie de son clergé qui redoutait l'influence des Jésuites, leur imposa de telles conditions, que le Père de Clorivière ne crut pas devoir les y maintenir longtemps. Dès le mois de janvier 1816, il annonce dans une lettre au Père Général qu'il est convenu avec Sa Grandeur qu'on se retirera aux prochaines vacances.
Un accident terrible avait attristé le commencement de cette malheureuse année. Le Père de Clorivière faillit y perdre la vie. Il était venu à Soissons donner les exercices de la retraite à la petite communauté religieuse des deux séminaires. La retraite finie, une circonstance imprévue l'obligea à précipiter son départ. C'était le vendredi, 13 octobre 1815. Ce même jour, à une heure de l'après-midi, un magasin à poudre sauta avec une explosion épouvantable. Un grand nombre de maisons furent détruites ou endommagées ; quarante à cinquante personnes furent tuées et plus de deux cents autres blessées plus ou moins grièvement. Les vitraux de la cathédrale furent mis en pièces, la grande porte arrachée de ses gonds et projetée dans l'intérieur. Le séminaire, situé à 400 mètres de la poudrière, fut particulièrement éprouvé. Les élèves se trouvaient dans les cours de récréation sur lesquelles s'abattit une pluie de projectiles et de décombres; sept d'entre eux furent atteints mortellement; l'un des Pères reçut une blessure sans gravité; mais la chambre que venait de quitter le Père de Clorivière et celle de son compagnon furent complètement saccagées; assurément, celui qui s'y fût trouvé au moment de la catastrophe n'eût point échappé à la mort. Le séminaire était devenu