Lettre au P. Général, 3o juillet
service des Missions. C'est là que presque tous ils dépensaient sans compter leur activité et leur dévouement. Toutefois le nom de quelques-uns d'entre eux se trouve associé à d'autres œuvres dont il est impossible de ne pas faire mention.
On a vu dans le Chapitre précédent que le grand souci du Père de Glorivière depuis sa sortie de prison avait été l'organisation et le développement de la Société du Cœur de Marie dont il était le fondateur. Il dut renoncer à s'en occuper davantage, du jour où le Père Général Brzozowski lui eut confié la charge de reconstituer la Compagnie de Jésus en France. Au reste, à ce moment, la Société du Cœur de Marie était assez solidement afiermie pour que cette privation ne lui fut point préjudiciable. Le saint vieillard put dès lors se contenter de suivre et d'encourager ses progrès. Mais, à côté de lui, le Père Varin avait, lui aussi, à surveiller la croissance d'une famille religieuse qui lui devait la naissance et dont il avait guidé les premiers pas. Héritier de la pensée du Père de Tournély, lorsque le Père Barat lui amena sa « petite sœur » Madeleine-Sophie, il eut très nettement l'intuition que cette jeune fille était l'élue de la Providence pour la fondation du Sacré-Cœur. Dès lors il alla de l'avant avec une assurance qu'aucune contradiction ne devait plus ébranler. Les quatre premières compagnes avaient fait entre ses mains leur consécration, le 21 novembre 1800; à partir de ce moment elles s'essayèrent à la vie du futur Institut par la pratique d'une règle que le Père Varin esquissait au fur et à mesure des besoins. Comme toutes les grandes œuvres de ce genre la Société du Sacré-Cœur eut des commencements modestes et difficiles; l'histoire en a été écrite dans celle de la Mère Barat ; nous ne saurions puiser à meilleure source pour faire connaître quel fut alors le rôle du Père Varin et comment il marqua de son empreinte la Société naissante.
« Quand Dieu, dit Mgr Baunard, prédestine un homme à faire une de ses œuvres, il n'en met pas seulement la