CHAPITRE III
lumière dans son esprit, il en dépose encore les vertus dans sa personne, les grâces dans son âme. L'homme d'action et d'oraison, le soldat et le religieux, la vie apostolique et la vie intérieure, qui devaient s'unir et se fondre dans le Sacré-Cœur, marchent déjà de front dans le Père Varin... Un port de tête militaire, que plus tard la violence qu'il se fît à lui-même put seule lui faire perdre, achevait en lui le portrait du chevalier de Jésus-Christ. Comme saint Ignace, son maître, il avait porté d'abord cette chevaleresque ardeur dans la milice du siècle, et maintenant qu'il combattait dans le camp de l'évangile, il la mettait sans réserve au service de Dieu. » Résumant en deux traits cette physionomie originale, l'éminent historien ajoute : « Ce soldat était un moine et un contemplatif. » Et enfin : « Un homme se caractérise par son mot habituel; c'est l'écho de sa pensée. Le mot de la vie extérieure et apostolique chez le Père Varin, c'était : Courage et Confiance! Le mot de sa vie intérieure et le cri de son cœur, c'était : Que Dieu est bon ! Ces deux paroles reviennent sans cesse dans ses lettres comme une sorte de refrain à la gloire de Dieu'. »
Ardeur de zèle apostolique et intensité de vie intérieure, tel est bien l'idéal que le Père Varin proposa tout d'abord aux Filles du Sacré-Cœur, en attendant de leur tracer un plan de vie et des règles précises qui les aideraient à le réaliser. Et dans la poursuite du but une certaine dilatation de cœur, inspirée par l'amour, qui exalte le courage et entretient les forces. Le sage directeur dut insister particulièrement sur ce point. Une timidité naturelle, une extrême défiance de soi-même risquaient de paralyser les éminentes qualités de la Mère Barat; les épreuves de toute sorte qui marquèrent les débuts de la Société étaient bien faites pour jeter le trouble et l'inquiétude dans l'âme la plus fortement trempée; celle de la fondatrice se vit souvent ballottée dans de douloureuses