‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 94 sur 358 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Restauration secrétaire de Mgr de Pressigny, ambassadeur du roi de France auprès du Saint-Siège. A peine arrivé à Rome, il annonçait son dessein de faire prévaloir et approuver parle Pape ses Constitutions. Dès le 7 novembre 1814, il écrivait au Père de Glorivière, lui demandant d'interposer son autorité pour que le Père Varin lui laissât le champ libre. Il se déclarait chargé seul d'organiser la Congrégation et d'en établir tout d'abord le siège à Rome même. « C'est pourquoi, concluait-il, il faut absolument que JNI. Varin ne s'en mêle pas... Le Saint-Père et nos amis ne reconnaîtront que les religieuses d'ici. Or, ils savent qu'un seul mot de M. Varin, nettement prononcé, suffit pour déterminer celles de France. Qu'il se garde donc bien de se mettre en compromis avec le Saint-Père, les Cardinaux, la Cour de France... Lui seul sera la cause du schisme, s'il y en a*... »

Le Père de Clorivière savait à quoi s'en tenir. Il donna l'ordre au Père Varin d'activer le travail des Constitutions et lui adjoignit le Père Julien Druilhet que son caractère et ses talents rendaient éminemment propre pour cette tâche délicate. A la Mère Barat, le saint vieillard traçait en quatre mots sa ligne de conduite : « Priez, soulFrez, patientez, espérez. »

De fait, la vénérable fondatrice, malade à la mort, faillit succomber sous l'épreuve. Et pourtant un coup plus rude encore lui était réservé. Elle avait adressé un Mémoire au Père Panizzoni, Provincial de la Compagnie de Jésus à Rome, lui exposant sa conduite dans le passé et lui demandant son avis sur celle qu'elle avait à tenir désormais. La réponse arriva au mois d'août 1815. Le Père Panizzoni s'était démis de sa charge; un secrétaire inconnu tenait la plume en son nom et, avec de longs développements, exposait à Madame Barat ce qui suit : « Un Institut était constitué maintenant à Rome, reconnu et approuvé par le Souverain Pontife; cet Institut était celui de M. de Saint-Estève. Ce

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