Baunard, op. cit., p. 3a
de Glol'ivière de former les novices de la Compagnie, et il apportait dans l'exercice de sa fonction un esprit surnaturel étranger à toute mollesse. 11 ne procéda pas autrement dans sa direction au Sacré-Cœur; un certain nombre de candidates se retirèrent à la suite des saints exercices; mais les autres y puisèrent une trempe d'âme plus vigoureuse, telle qu'il convenait à un Institut calqué sur celui de saint Ignace. L'élan imprimé parla retraite fut soutenu ensuite par les instructions du Père Varin. Elles ont pour la plupart été recueillies, au moins sommairement, par les religieuses du Sacré-Cœur qui les ont conservées comme un patrimoine de famille. Le Père Varin n'était point un orateur, au sens ordinaire du mot. Mais sa parole, tout imprégnée de foi, de piété et d'amour de Dieu allait droit au cœur et y portait la flamme dont il était lui-même embrasé. Il savait ramasser le développement d'une doctrine spirituelle en une formule heureuse qui se fixait dans la mémoire et qu'on n'oubliait plus. C'est ainsi que, dans son allocution du premier jour de l'année 1817, il donna à la Société, où il s'est transmis depuis lors, ce mot d'ordre de l'obéissance religieuse et du sacrifice complet de soi-même : « Considérez, dit-il, Jésus victime volontaire ; entendez-le répondre à son Père qui demande une hostie pour le monde : Ita, Pater ! Ainsi partout et toujours, nous devons dire à Dieu : Oiii^ mon Père. Heureuse, mille fois heureuse l'âme qui s'est établie solidement dans ce grand Oui! A chaque immolation qui lui sera présentée : Oui, mon Père, dira-t-elle, et à la dernière heure, quand le Seigneur l'appellera, elle répondra encore : Ita, Pater, et ce mot sera celui de toute l'éternité. »
Tout en s'effaçant de plus en plus devant la Mère Barat et en s'abstenant scrupuleusement dans ses relations avec le Sacré-Cœur de toute ingérence non conforme avec sa règle, le Père Varin n'en fut pas moins pour la Société, dans cette période décisive pour sa formation, un conseiller et un guide dont les avis étaient acceptés avec une religieuse et filiale déférence. Pour lui, il s'efforçait en