‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 207 sur 362 · Louis Veuillot. Tome II, p · texte numérisé non relu

Louis Veuillot. Tome II, p

En particulier, pendant la Commission préparatoire formée au ministère de l'Instruction publique, depuis et après la présentation du projet de loi à l'Assemblée, d'accord avec le R. P. Provincial, j'ai franchement exposé mes pensées peu favorables au système qu'on a regardé comme une transaction nécessaire. J'ai rédigé, d'accord avec le R. P. Provincial de Paris, et après avoir reçu du R, P. Jordan, Provincial de Lyon, ses observations, une Note confidentielle, très nette, qui a été communiquée à quelques membres de la Commission nommée par les bureaux de la Chambre. Cette Note, vous la lirez, mon T. R. Père, et vous verrez si je suis partisan aveugle du projet de loi. Mais je la critiquais en ami, et des voies amies m'ont répondu avec conviction : Ce que vous demandez est impossible. — Je suis loin, très loin, je le professe, d'adopter les idées et les accusations du Cas de conscience de l'abbé Combalot et de la Lettre à un représentant du Père Deschamps. Voilà, je crois, de ces écrits regrettables qui pourraient amener une scission dans l'Église et dans la Compagnie. Je m'abstiens de vous mander ce que m'ont écrit à ce sujet les plus vénérables évêques, les hommes les plus recommandables. Je craindrais de paraître récriminer contre ceux qui m'accusent... On m'a souvent reproché la grande influence qu'exerçait sur moi l'abbé Dupanloup. Il est mon intime ami; je le chéris et le vénère... Mais en quoi a-t-il influé sur moi? En quoi par son influence ai-je manqué à mes devoirs?.. Non, je ne me suis pas déclaré ouvertement contre le projet de loi. J'ai cru qu'il valait mieux tâcher de l'améliorer. Ce n'est pas à moi de dire ce que j'ai pu faire en ce genre. J'ai cru aussi, et je crois encore que, malgré les dispositions défectueuses du projet, on pourra, la Compagnie pourra établir des collèges libres... » (11 Septembre 1849.)

Malgré qu'il en ait, le Père de Ravignan avait bien expérimenté pour sa part l'ascendant exercé sur tous ceux qui l'approchaient par celui que lui-même appelait « notre tyran, notre cher tyran ». Nul, dit l'historien de l'évêque

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