‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 208 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

d'Orléans, ne sut comme lui «harponner les cœurs ». « Le cher tyran avait le caractère impérieux, il aimaitbeaucoup ses amis, mais il les aimait dociles; s'il commençait par conseiller, il était rare qu'il ne finît par dominer'. »

Le Père de Ravignanne croyait pas être sous le charme; c'est le fait de ceux qui le subissent d'être d'ordinaire les derniers à s'en apercevoir. « Ce qui pourrait être le sujet d'un petit avis au bon Père de Ravignan, écrivait le Père Rozaven, c'est qu'il est peut-être un peu trop à la remorque de Monsieur, aujourd'hui Monseigneur Dupanloup. J'ai cru remarquer plus d'une fois qu'il voyait trop par les yeux et jugeait trop par le jugement de son ami. Assurément cet ami est digne à tous égards de toute considération ; mais le Père de Ravignan est fait pour voir et juger par lui-même. Je lui en ai insinué une fois quelque chose, mais cela n'a pas pris, etcomme ce n'était pas mon affaire, je n'ai pas insisté. Je crois qu'un mot de vous sur ce sujet, à l'occasion, ne serait pas inutile^. »

On ne saurait s'étonner de voirie nom du Père Deschamps voisiner avec celui de l'abbé Gombalot. Dans la lettre que nous venons de citer, le Père Rozaven raconte qu'ils sont venus ensemble lui faire visite lors de son passage à Lyon : « Ces deux têtes, dit-il, sont à l'unisson. La conversation a roulé presque entièrement sur le projet de loi relatif à l'enseignement, contre lequel ils se déclaraient avec leur ardeur accoutumée, tandis que je me tenais surla réserve, sans blâmer, ni approuver. » Le Père Deschamps avait publié une Lettre à un Représentant^ dsitée Des bords de la Saône, 12 juillet 1849 : « Je l'adresse par la poste, disait-il d'abord au destinataire, à un grand nombre de vos collègues de l'Assemblée législative, aussi bien qu'à l'épiscopat. » Après quelques mots sur les illusions de MM. de Falloux et de Montalembert, l'auteur démontre que le projet de loi est contraire à l'Evangile, puisqu'il investit

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