Cf. Histoire d'un Siècle, Tomel, p
La Compagnie de Jésus. 2ï
de la loi eût été un très grand malheur, puisque nous y avions fait abolir la proscription des Congrégations religieuses enseignantes ; mais, comme au fond les principes étaient et sont demeurés mauvais, j'ai trouvé nécessaire de n'y pas attacher le nom du seul évêque, c'est-à-dire du seul membre de l'Église enseignante, qui fit partie de l'Assemblée ^ »
Fidèle jusqu'au bout à son attitude, VUnivers, par la plume de Louis Veuillot, fit à la loi du 15 mars un accueil peu flatteur : « Nous l'avons combattue sans relâche, avec une vigueur et une persévérance égale à notre conviction. Nous aurions voulu la faire rejeter, nous n'avons même pas pu l'améliorer. Elle sort du scrutin pleine de toutes les obscurités, de tous les inconvénients, de tous les périls que nous avons signalés. Elle fait à l'Eglise une situation difficile et dangereuse ; elle consolide l'Université ; elle recule, pour bien longtemps peut-être, le jour de la liberté dont nous avons cru un moment saluer l'aurore... Que cette dernière protestation soit écoutée; car nous ne protestons pas seulement en notre nom, et la majorité des catholiques est avec nous. Non, cette liberté qu'on prétend leur donner n'est pas la liberté, et surtout n'est pas la liberté que nous demandions pour nous et pour les autres; ce n'est pas la liberté de l'enseignement, ce n'est pas la liberté de la conscience, ce n'est pas la liberté delà famille, ce n'est pas la liberté delà commune, ce n'est pas la liberté de l'Église ; ce n'est pas la liberté ! »
En regard de cette sortie trop véhémente citons la lettre adressée au Souverain Pontife quelques semaines auparavant et signée par vingt-trois archevêques et évêques, dont deux cardinaux.
« ...Leur sentiment est : — 1° Que la loi, sans être parfaite, est de beaucoup préférable au statu quo que le rejet de la loi prolongerait indéfiniment. — 2° Que cette loi offre des avantages considérables et certains. —
i. Cf. Louis Veuillot. Tome II, p. 867.