CHAPITRE VII
Cependant, sur les instances de Mgr Pavy, les Jésuites avaient dû ouvrir à Alger des classes d'enseignement secondaire ; mais la population européenne de la colonie pouvait-elle alimentera la fois deux collèges? Ils ne le pensèrent pas, et l'affaire mûrement examinée, on décida de garder seulement celui de la capitale. A cette nouvelle grand émoi à Oran. Des pétitions couvertes de signatures du clergé, de militaires et de notables furent portées à Rome et la cause plaidée devant le Souverain Pontife. Pie IX se laissa toucher, et sur un signe du désir de Sa Sainteté, le Général de la Compagnie modifia la décision prise pour les collèges d'Algérie. Après diverses péripéties celui d'Alger finit par s'éteindre doucement; celui d'Oran poursuivit une carrière honorable jusqu'au jour oïl les religieux, assimilés aux malfaiteurs, se virent de par la loi déchus du droit d'enseigner.
* * A partir de 1854 la liste des fondations de collèges est close pour une longue durée. Aucun autre ne viendra s'y ajouter avant la chute de l'empire. Sans doute, la Compagnie de Jésus se trouvait assez chargée. Déjà en 1851, le Père Général disait ses appréhensions au sujet de cette multitude d'établissements nouveaux : « Le Festina lente ^ semble avoir été oublié complètement. Peut-être dix ans ne suffiront-ils pas à monter convenablement ceux qui ont été commencés. » (30 Janvier.) Cependant cette année même et les suivantes virent naître encore, comme nous venons de le raconter, six ou sept collèges. Beaucoup d'autres, on le sait, étaientdemandés ici et là, et il n'avait pas été possible de répondre partout et toujours par des refus. A Montpellier, par exemple, et à Strasbourg des engagements avaient été pris^ dès l'aurore delà liberté. Quoi qu'il en soit, pendant les seize années qu'allait durer