CHAPITRE VIJI
plus catholiques et plus Français que nous^. » Ailleurs on pourra tenter de faire des Français sans épithète ; les élèves des Jésuites seront, en règle générale, Français et catholiques; et voilà ce qui attire sur leurs collèges la fureur des gens qui se sont donné pour mission de déchristianiser la France. Au surplus cette alliance entre la foi patriotique et la foi religieuse est la seule qu'on y connaisse. C'est un fait que tous les régimes qui se sont succédé en France au siècle dernier ont tour à tour prétendu trouver dans les Jésuites des adversaires politiques. Tous sans exception leur ont fait grief de n'être pas amis de César, Leur réponse fut toujours la même; ils la trouvent en effet dans les prescriptions de leur Institut. Au début du second empire, le Père Général Beckx affirmait encore solennellement : « En fait comme en droit, la Compagnie de Jésus se déclare en dehors de tous les partis politiques, quels qu'ils soient. Dans tous les pays et sous toutes les formes de gouvernement, elle se renferme exclusivement dans l'exercice de ses ministères, n'ayant en vue que sa fin placée au-dessus de tous les intérêts de la politique humaine. »
Pour atteindre le but qu'elle se propose dans l'éducation, la Compagnie de Jésus s'efforce d'abord de donner aux élèves de ses collèges une solide instruction religieuse. De toutes les fonctions sacerdotales qu'elle peut remplir, l'enseignement du catéchisme est assurément celle qui a ses préférences. Le Ratio stadiorum ajoute sur ce point aux règles générales de l'Institut : « Dans toutes les classes la doctrine chrétienne doit être apprise des écoliers, et au fur et à mesure qu'ils avancent on doit leur donner des explications plus amples et s'assurer qu'elles sont comprises'^. » Nous avons dit pour quelles raisons, indé-