‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 271 sur 362 · F. Butel. La vie de collège chez les Jésuites, p · texte numérisé non relu

F. Butel. La vie de collège chez les Jésuites, p

2. Doctrina christiana in omnibus classibus ediscatur... Pio quovis auteni scholse grada explicationes anipliores tradantur atque exigantur . » (Rat. Stud. Regulae comm. 4.)

pendantes de leur volonté, les Jésuites français n'ont pas toujours porté l'instruction religieuse des jeunes gens au degré de perfection qu'ils auraient voulu. Cette lacune fut pour eux l'objet, sinon d'un remords, du moins d'un vif regret.

En même temps que la connaissance de la religion la piété est nécessaire pour former le vrai chrétien. La Compagnie de Jésus mettra donc tous ses soins à l'inculquer à ses élèves. Elle peut dire sans forfanterie que la piété est la caractéristique de ses collèges ; telle est bien en effet l'idée que s'en fait le public. Certaines familles y voient une raison de s'en défier ; elles ont peur que leurs fils ne deviennent trop pieux. Mais les Jésuites savent que si « la piété est utile à tout », elle l'est en éducation plus qu'en toute autre chose. La piété apprend à l'enfant à se vaincre ; c'est pourquoi elle se peut comparer au levier avec lequel Archimède se faisait fort de soulever le monde ; et il faut plaindre les éducateurs qui n'ont pas cet instrument à leur disposition.

Dans les collèges de Jésuites on se garde de multiplier les pratiques de piété. La prière le matin et le soir, la messe, une dizaine de chapelet suivie d'une courte lecture, c'est, avec les formules d'usage avant et après classes et études, avant et après les repas, tout ce que comporte le programme des dévotions quotidiennes du collège. C'est la mesure adoptée dans presque tous les établissements catholiques ; beaucoup même font plus large part aux cérémonies plus ou moins solennelles. Pour les Jésuites, ils font en sorte d'entretenir chez eux une atmosphère de piété, qui n'agit pas moins efficacement que les manifestations extérieures. Leur vie elle-même y contribue plus que ne pourraient faire toutes les leçons. La présence sous le même toit d'une communauté religieuse régulière et fervente constitue en effet un foyer de chaleur surnaturelle qui rayonne nécessairement dans tout le collège. A maintes reprises le Ratio studiorum rappelle aux maîtres que leur premier devoir est de porter

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