‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 276 sur 362 · I. Gabriel Compayré. Histoire des doctrines de l'éducation · texte numérisé non relu

I. Gabriel Compayré. Histoire des doctrines de l'éducation

cessé d'être actuel. Dès Touverture de la période des collèges, le vétéran de Saiiit-Acheul, l'austère Père Guidée, proteste énergiquement contre « le genre de Brugelette, oùron donne trop au confortable », oùles divertissements tiennent une place trop grande, « au détrimentdu travail ». (9 Juillet 1851.) Le Recteur de la Providence ne s'en tient pas à une critique spéculative. En toute occasion il insiste auprès des Pères du collège sur la nécessité de donnera la jeunesse une éducation plus mâle ; il leur demande plus d'énergie et de vigueur dans la manière de diriger leurs élèves. 11 faut leur apprendre à endurer et surtout à se vaincre. Il craint qu'on se préoccupe trop « de se faire aimer, de se rendre populaire et de la crainte de n'y pas réussir ». C'est à son avis « le plus sûr moyen de manquer le but, en compromettant l'autorité ». (30 Janvier 1853.)

On ne s'étonnera pas que les Jésuites se soient servis des récréations et des jeux pour former aux habitudes viriles le tempérament physique et moral des élèves de leurs pensionnats. A ce sujet il leur fallut parfois aller à rencontre de certaines sollicitudes trop promptes à s'alarmer. Dans une région exceptionnellement pluvieuse un Recteur de collège fait ajouter à l'uniforme un petit manteau militaire; après quoi il décide que, quelque temps qu'il fasse, les divisions sortiront pour la promenade réglementaire. 11 y eut, certes, des réclamations; mais l'ordonnance fut maintenue. La faiblesse pour les enfants n'est pas rare chez les hommes de guerre. Un officier supérieur, assistant à une récréation à Vaugirard, ne put se retenir d'exprimer tout haut sa crainte : « Mais ces enfants vont se blesser! — Général, repartit le Père Olivaint, nous n'élevons pas des petites filles. » — La peur des horions ou même des bras cassés n'a jamais arrêté dans un collège de Jésuites les prouesses du patinage, non plus que ces luttes homériques décorées aujourd'hui du nom de football^ mais que l'on appelait alors plus simplement des parties de ballon.

Cette question des jeux, devenue pour les Jésuites

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