CHAPITRE IX
trente-quatre aimées, traversées de persécutions qui ajoutèrent au fardeau un terrible surcroît. Aussi à un Supérieur qui demandait à être déchargé pouvait-il répondre en lui rappelant saint Pierre s'éloignant de Rome et Jésus lui apparaissant chargé de sa croix. — Domine^ qiio vadis? dit l'apôtre. — Je vais à Rome pour y être crucifié. — Pierre comprit et rebroussa chemin. « Oui, mon cher Père, continuait le Père Général, la supériorité est une croix ; mais c'est notre divin Maître qui nous l'impose; par amour pour lui courbez les épaules et portez-la courageusement. » (17 Novembre 1860.)
Nous aurons souvent à mentionner l'intervention du Père Beckx dans les affaires de la Compagnie en France ; c'est à ce titre que la personne du Général appartient à notre Histoire. Sans prétendre esquisser la physionomie de celui qui succéda au Père Roothaan, on peut dire que chez le Père Beckx la sagesse, qualité professionnelle de la charge, était accompagnée d'une exquise bonté. Elle se traduit à tout propos dans sa correspondance par des attentions délicates. 11 écrit par exemple à un prédicateur de retraites pastorales : « Quand vous en uurez l'occasion, je serais bien aise que vous fissiez savoir à MM. les Sulpiciens que vous ne m'avez pas laissé ignorer les preuves bien significatives d'affection envers notre Compagnie dont vous avez été témoin durant vos séjours dans leurs Séminaires, et que je vous ai chargé de leur en exprimer ma reconnaissance. ' » De nombreuses questions agitées dans les nouveaux collèges des Provinces françaises provoquèrent de sa part des conseils marqués au coin d'une prudente modératiou. C'est ainsi que, dans la controverse soulevée autour de l'application des règles du Ratio stiidiorani, il se prononça contre ceux qui, par un respect trop absolu delà «lettre », par un attachement excessif aux traditions du passé, ne tenaient point assez compte des exigences de l'heure présente. (31 Mars 1860.) Mais la grande