I. Lettre du R. P. Beckx au P. Liot, g février i86i
préoccupation du Père Beckx fut d'assurer auxjeunes religieux la longue formation prescrite par la règle, mais perpétuellement compromise par les besoins des collèges. En toute occasion, il rappelle ce point à la conscience des Supérieurs : « Qu'il soit avant toutes choses l'objet de vos sollicitudes, écrit-il à un Provincial en lui envoyant sa nomination. Que nos scolastiques ne soient pas appliqués aux ministères extérieurs, sans avoir reçu une forte culture, soit pour les sciences, soit pour l'esprit.de perfection. J'insiste sur cette recommandation parce que de là dépend le salut de la Société ^ »
Gomme on l'a vu plus haut, le Père Maillard avait été choisi pour premier Provincial de Toulouse. Nul n'était plus capable de donner l'élan à la naissante Province. Dès qu'il avait eu connaissance des vues du Père Général, il avait répondu : « Si vous avez la pensée de me confier cette charge je n'ai qu'un mot sur les lèvres et un sentiment dans le cœur: Ecce ego, mitte me. » (6 Juillet 1852.) Bien des liens toutefois le rattachaient à Lyon où il avait tant et si fructueusement travaillé. Il avouait qu'il y avait là pour lui un sacrifice ; mais il ne s'y arrêtait pas autrement. Déjà pourtant sa robuste santé avait subi une secousse dont une âme moins vaillante eût été émue. Luimême donnait la nouvelle quelques jours auparavant : « J'ai été pris à Montauban par deux accès de fièvre, aussi énormes que nouveaux pour moi ; ils m'ont cloué sur mon lit pendant quatre grands jours... » (15 Juin 1852.) Il paraît même qu'on fit courir le brait de sa mort. « Les journaux du Midi et VUnivers^ écrit-il une semaine plus tard, ont heaume dire mort, je proteste à Votre Paternité que je me porte fort bien, et que je tâcherai avec la grâce de Dieu de continuer à me porter ainsi jusqu'à ma véritable mort. »(22 Juin 1852.) Le cas était assez grave, comme en témoigne une lettre de son socius, le Père Pouget : « Il est visible que la santé du Père Provincial a reçu quelque