CHAPITRE III
I. — Le Général des Jésuites en France, i848-i85o. Il visite les maisons de la Compagnie. Marseille est son port d'attache. La résidence de Marseille en i848; sa nouvelle installation. Bénédiction de l'église. Le cercle religieux. Le P. Nicolas Tissier. Le P. Barthès et la Congrégation de N.-D. de Compassion. Le choléra en 1849. Vais et le P. Maisounabe. Le P. Joseph Bon. Le P. de Ravignan et ses leçons sur l'éloquence sacrée.
II. — L'ontologisme à Vais. La théorie ontologiste. Les précurseurs. Un maître, le P. Jean-Baptiste Martin. L'influence qu'il exerce; l'enthousiasme de ses disciples. Inquiétudes provoquées par le « système de Vais ». Le P. Boulanger, le P. Grivet. La question déférée à Rome. La situation en 1848. Affluence de professeurs et de scolastiques étrangers. Le P. Roothaan, pressé de donner une décision, temporise. Le P. Jordan, Provincial de Lyon, fait à Vais une déclaration troublante. La question des feuilles de cours. Les professeurs ontologistes restent sur leurs positions. Leur enseignement soumis à l'examen de théologiens qualifiés. Premiers indices d'une désapprobation autorisée. Décisions conciliatrices du P. Passaglia. Les Assistants réclament et se prononcent énergiquement contre le « système ». Ordonnance du P. Roothaan du 6 janvier i85o. Soumission édifiante de ceux qu'elle atteint.
III. — A Lyon. Le P. Louis Nègre. La congrégation des jeunes ouvrières de N.-D. de Fourvière. L'œuvre militaire. Le P. Roothaan à Dôle. Le scolasticat italien. Le P. Pellico. Le P. Roothaan à Avignon; à Aix. L'église de l'ancien collège enfin rendue au culte. Castres, Toulouse; Gatien Arnoult et les Jésuites. Prospérité de leurs œuvres à Toulouse. Le P. Roothaan à Paris. Les Jésuites aux élections politiques. Bienveillance de Mgr Sibour à l'égard de la Compagnie. Le choléra. Le noviciat de Saint-Acheul.
IV. — Le scolasticat de Saint-Michel à Laval n'est pas troublé par la Révolution. Mort du P. Debrosse. M. Le Lasseux. A Angers. Épisode de 1 8^4 - Attaques de l'avocat général Belloc contre les Jésuites. Ripostes de leurs défenseurs. Progrès de la résidence. Consécration
de l'église. A Nantes. L'affection des classes populaires sauvegarde des Jésuites. Le P. Roothaan à Vannes. La vénération publique pour le P. Leleu. A Quimper. Le P. Julien Maunoir. Le P. Roothaan dans les maisons de l'Est et du Nord. La Révolution de j 848 et les Jésuites à Strasbourg. A Metz. Les progrès de la résidence. A Rouen. A Lille. Les dillicultés du début s'apaisent.
Lu date à laquelle nous sommes arrivés mérite de fixer l'attention. Les années 1848 et 1849 marquent dans l'histoire de la Compagnie de Jésus en France au dix-neuvième siècle la fin d'une période. Rétablis en 1814, les Jésuites ont vécu trente-cinq ans d'une existence contestée et précaire. La liberté d'enseignement va ouvrir pour eux une phase nouvelle. C'est à ce moment que le Général de l'Ordre, exilé par la révolution romaine, visite l'une après l'autre toutes les résidences françaises. Nous pouvons, en le suivant, nous rendre compte de la situation de ces établissements dont nous avons dit déjà l'origine et les débuts.
Marseille fut comme le port d'attache du Père Roothaan pendant la durée de son voyage. 11 y passa, en tout, bien près d'une année. Il y trouva une communauté très vivante et très prospère ; elle comptait alors dix-neuf religieux, dont plus delà moitié étaient prêtres. Elle n'avait point souffert de la tempête de 1845 ; tout au contraire, c'est à l'heure même où le Gouvernement prétendait dissoudre la Société de Jésus qu'elle jetait à Marseille des racines plus profondes. Chose remarquable en effet, au cours de «ette année orageuse, nous y voyons la création d'une Bibliothèque des bons livres, pour laquelle le Père Général envoyait ses félicitations. (G Février 1845.) Mieux encore, il écrivait quelque temps après au Supérieur : « Je bénis avec vous la divine Providence qui vous a ménagé l'occasion d'acquérir la maison contiguë à l'église, et je pense bien que vous ne la laisserez pas échapper. Il est trop important pour la régularité présente et pour