CHAPITRE IV
religion. Il m'a parlé lui aussi avec franchise, s'est même ouvert sur certains embarras de position ; vous auriez dit presque un ami avec un ami. J'ai touché un mot des tracasseries de Dôle. — Que ne m'écriviez-vous ? a-t-il dit. Adressez-vous à moi. — Enfin, mon T. R. Père, je me suis retiré content de lui, et sans trop me flatter, je crois qu'il est content de moi. L'audience a été au moins de trois quarts d'heure, et il s'est dit bien des choses '. »
Le Père Roothaan se plaignait aimablement au Provincial de France que ses lettres fussent trop courtes et point assez explicites. Il y aurait bien lieu de lui faire ici, pour notre compte, la même querelle. Il nous eût été agréable et utile d'avoir un résumé moins sommaire du dialogue entre M. Thiers et lui. Il nous a du moins donné l'essentiel, savoir l'assurance des intentions pacifiques de son interlocuteur. D'après les souvenirs de ceux qui ont entendu de la bouche du Père Renault le récit de son audience, M. Thiers serait allé plus loin; il lui aurait promis que, à condition de ne rien faire contre la dynastie et l'ordre public, les Jésuites ne seraient jamais inquiétés, aussi longtemps que lui-même serait au ministère. De fait, il ne parait pas que M. Thiers, ministre, ait cherché noise aux Jésuites; mais on verra qu'il sut bien se dédommager dans l'opposition.
La lettre du Père Renault au R. P. Général mentionne une autre entrevue ministérielle qui n'est pas non plus sans intérêt : « En même temps, dit-il, le Père de Laponce pressentait sur la question de nos collèges les dispositions de M. Guizot, son parent, ministre de l'Instruction publique. Voici le sens de quelques-unes des réponses du ministre : Qu'on me laisse faire... Lorsque le moment sera venu, lorsqu'on discutera la loi sur la liberté d'enseignement, on n'a pas à craindre d'être compris dans des exceptions ; il n'y en aura pour personne. On se trouverait alors dans le droit commun. Au fond, pour