‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 111 sur 382 · I . Le P. Boulanger au P. Roolhaan, 26 septembre i · texte numérisé non relu

I . Le P. Boulanger au P. Roolhaan, 26 septembre i

En regard de ces lettres, où l'on voit quel esprit anime la famille de saint Ignace, il ne sera pas mal à propos de placer un entrelilet du Constitutionnel y l'un des grands journaux libéraux du temps. Voici comment il annonçait à ses lecteurs l'arrivée d'un de ces religieux exilés d'Espagne. Le Père Gil avait été recteur du collège des Nobles à Madrid; il était en dernier lieu recteur du collège de Loyola. Obligé de partir pour la France, a il a rencontré à Sant'Esleban (sic), raconte le Constitutionnel, le général DonBasilio Garcia qui lui a dit : — Vil intrigant, artisan des maux de ma patrie, remercie Dieu de ce qu'il m'a fait bon chrétien ; car sans cela et le vêtement qui le couvre et que je respecte, je te plongerais mon poignard dans le cœur. Fuis, retire-toi de la présence des hommes de bien. — Le Père Gil se mit à courir et ne s'arrêta qu'en France. Il est arrivé hier à Bayonne » (7 septembre i835). Il va sans dire que l'historiette était inventée de toutes pièces.

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première année au catalogue de Vais ; Tannée suivante le chiffre était doublé.

En même temps la confiance ramenée dans les cœurs se traduisait par un renouveau d'activité apostolique. Nous l'avons constaté déjà en ce qui concerne la capitale; les Jésuites reparaissaient, au Carême de 1836, dans les chaires de Paris qui ne les avaient pas revus depuis 1830. Mgr de Quélen en exprimait sa satisfaction en des termes qu'on est heureux de reproduire : « L'Église de Paris, écrivait-il au PèreRoothaan, vous doit beaucoup de remerciements. Les enfants de saint Ignace ont rivalisé de zèle et de talent pendant ce Carême. Le Père de Ravignan, le Père Déplace, le Père Ferrand ont rassemblé autour de la chaire la foule des auditeurs. Un autre jeune prêtre, l'abbé Lacordaire, a rempli à Notre-Dame la station des conférences avec un immense concours, et il en est résulté honneur pour la religion, préparation pour le salut des âmes. L'année prochaine le Père de Ravignan tiendra sa place. Les succès de cette année nous donnent les plus grandes espérances pour l'avenir. A la fin de septembre, s'il plaît à Dieu, le Père Goudelin viendra prêcher notre retraite ecclésiastique. Vous voyez, mon Révérend Père, comment nous fatiguons votre charité. Dieu vous en récompensera au centuple. » (15 Avril 1836.)

Les autres résidences accusent un progrès analogue, comme il ressort du simple rapprochement de quelques chiffres. En 1834-1835 la Province tout entière inscrit au bilan de ses œuvres un total d'environ 200.000 confessions avec 315 retraites publiques; l'année suivante elle dépasse 350.000 confessions et 500 retraites publiques, parmi lesquelles on comptait 32 retraites pastorales et nombre d'autres prêchées dans des collèges universitaires, des établissements municipaux et jusque dans des prisons. Le préfet de la Moselle, protestant, M. le baron Sers demandait aux Jésuites de Metz de donner les Exercices spirituels aux pensionnaires de la maison centrale.

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