L'Ami de la Religion. Tome XCIX, p
d'Amiens, Mgr de Chabons, venait de démissionner; les Jésuites l'y avaient contraint pour avoir un évéque mieux à leur dévotion; le Supérieur du grand séminaire, vicaire général, lazariste, avait été appelé ailleurs; les Jésuites à qui il déplaisait avaient imposé son déplacement. Le nouvel évéque, Mgr MioUand, était venu à Saint-Acheul, selon la tradition, vénérer les reliques de saint Firmin, avant de prendre possession de son siège. C'était une créature des Jésuites. Le prélat autorisa le Père Recteur à rétablir publiquement la vérité. Le préfet de la Somme n'en écrivait pas moins dans une correspondance officielle : « Amiens est troublé malheureusement par le fait des Jésuites. »
En ce temps-là, comme nous le dirons plus loin, la Compagnie de Jésus s'établissait en plusieurs villes où elle était appelée. Mais, à côté des amis qui s'en réjouissaient, il y avait les ennemis dont ces fondations provoquaient les colères et les récriminations bruyantes. Le malencontreux éclat d'une séance scolaire vint sur ces entrefaites surexciter les esprits et fournir un prétexte aux sévérités du Gouvernement jusqu'alors indécis. On voulut y voir un défi jeté tout à la fois à l'opinion et au pouvoir. Le 17 septembre eut lieu à Saint-Acheul un grand acte de Théologie. Deux scolastiques devaient défendre contre tout venant un ensemble de thèses résumant le cycle complet de l'enseignement théologique. Pareille solennité ne s'était pas vue en France depuis la destruction des anciennes Universités. Les circonstances n'étaient guère favorables pour en tenter la résurrection. Le Provincial de Paris ne l'ignorait pas , mais il lui sembla que le péril était plus que compensé par les avantages qu'on pouvait s'en promettre :.une puissante impulsion imprimée aux études ihéologiques, un salutaire exemple donné à tout le clergé de France; et il avait donné son approbation.
Mgr Miolland présida la séance ; plus de cinquante prêtres, l'élite de plusieurs diocèses, y assistèrent; les