CHAPITRE V
— « En effet, continue le Père Solente, Mgr vient de lui donner son consentement. Deux autres et même trois se trouvent encore dans le même cas. » Or, ce retour de faveur était d'autant plus appréciable que depuis plusieurs années, malgré la sympathie personnelle du vénérable ^Igr de Ghabons pour la famille de saint Ignace, les clercs du diocèse, qui manifestaient le désirde se donner à elle, rencontraient dans l'administration épiscopale des obstacles presque insurmontables. Deux ans après les vexations dont il a été question plus haut, plus de quarante novices se trouvaient réunis à Saint-Acheul : « J'ai fait remarquer au Père Provincial, écrivait encore le Père Solente, que, eu égard aux tracasseries que nous avons éprouvées les années précédentes, eu égard au nom de Saint-Acheul qui est encore un épouvantail pour les niais et qui deviendrait encore facilement un thème à déclamations, s'il nous survenait un préfet hostile, il conviendrait plutôt de diminuer que d'augmenter la maison. Nous sommes actuellement soixante-douze ^... » C'était à quelques unités près le chiffre de 1838. Pour ne pas appeler l'attention, on se condamnait à des précautions gênantes ; les novices ne sortaient de l'enclos, heureusement assez vaste, qu'une fois tous les quinze jours. Aussi dès lors fallait-il songer à établir un second noviciat, qui fut ouvert à Laval cette année même. (1840.)
Quant aux autres essaims obligés de quitter la ruche de Saint-Acheul, l'un, avons-nous dit, le Troisième An fut, à partir de 1840, fixé à Notre-Dame-d'Ay ; il y resta jusqu'en 1850 ; les deux autres avaient été transférés d'abord à Brugelette. 11 y eut dès l'année suivante à leur sujet un accord entre les deux Provinces. Après avoir essayé du système de la séparation, on revint à celui de la concentration. Les juvénistes, appelés aussi rhétoriciens, du Nord et du Midi, seraient réunis à Brugelette, sous la direction d'un humaniste de l'ancienne école, le Père Arsène