‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 14 sur 382 · I. Mémoires de Montrouge (à l'année i · texte numérisé non relu

I. Mémoires de Montrouge (à l'année i

« Il faut avouer que la raison générale a bouleversé bien des raisons individuelles'. »

Le Père Rozaven eut une fois l'occasion de discuter en tête à tête avec le maître lui-même. C'était au mois d'août 1824. Lamennais s'étant rendu à Rome entra en relations avec plusieurs Pères du Gesu et enfin avec l'Assistant de France. Dans sa correspondance avec les siens il parle volontiers de deux Jésuites favorables à ses idées, mais point du tout de celui qui les contredisait. De ses conférences avec le Père Rozaven, nous savons seulement ce qu'en raconte le Père Rozaven lui-même dans une lettre écrite quelques jours plus tard au Père Gury «... 11 vint un jour, dit-il, me trouver tout exprès pour me parler de son système. Nous eûmes une discussion amicale de trois quarts d'heure, au bout desquels nous fûmes interrompus. Je trouvai que, dans la discussion, il ne tenait ferme nulle part, et que, dès que je l'arrêtai sur quelque principe, il me l'abandonnait pour passer à autre chose. Je l'invitai à reprendre notre conférence un autre jour ; et, afin de nous entendre plus parfaitement et plus vite, je réduisis toutes mes objections à une seule que je lui exposai. 11 me dit qu'il était bien facile d'y répondre. — Tant mieux, répliquai-je, nous serons plus tôt d'accord. — Mais je l'attendis en vain pendant plusieurs jours, et, voyant qu'il ne venait pas, j'allai le trouver et nous reprîmes notre discussion, mais tout aussi inutilement que la première fois.

« Voyant que tout son art consistait à éluder les difficultés, je lui proposai de mettre par écrit une difficulté fondamentale, le priant d'y répondre par écrit. 11 me le promit et nous nous séparâmes. De retour chez moi, j'écrivis aussitôt ma difficulté et je la lui envoyai parM. Lemarié. Mais j'attendis en vain une réponse. Et quoi qu'il soit resté encore huit jours à Rome, je ne le revis que la veille de son départ, où il vint me dire adieu en grande hâte, me

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