CHAPITRE VI
I. — Les maisons professes. Le P. Druilhet à Lyon. La résidence en i838. Le P. Roger. Ses noces d'or sacerdotales. Fêtes de famille. Mort du P. Roger. Dernières années de Mgr de Pins. Le P. Maillard, Provincial de Lyon. Le P. Renault à Paris.
IL — La congrégation des Messieurs à Lyon. Suppression de l'œuvre militaire. L'Œuvre du Calvaire. L'Institut de Saint-Viateur. Congrégations diverses. Fondation de la maison de Fourvière.
III. — La résidence de Toulouse. Sympathies de la population. L'ancien cowvent de la rue de l'Inquisition cédé aux Jésuites. Le P. de Ravignan à Toulouse. Le P. Charles Déplace. Le P. Druilhet, Supérieur à Toulouse. On y établit un second noviciat de la Province. La maison de Sainte-Marie des champs. Mort du P. Druilhet. Le P. Ronsin à Toulouse. Ses dernières années. Sa mort.
IV. — La résidence d'Avignon en i836. État prospère du noviciat. L'hôtel de Calvière trop étroit pour le nombre de ses habitants. La villa de Saint-Chamand. On y installe les Rhétoriciens. Le Juvénat de Brugeletle et le P. Gahour. Les archevêques d'Avignon amis dévoués de la Compagnie. Le P. Corail et le Constitutionnel. Le P. Nicolas Deschamps. Un essai d'école d'Arts et Métiers.
V. — A Aix les Jésuites rencontrent avec l'opposition violente du maire des difficultés de toute sorte., Ils n'en triomphent qu'à force de patience et de dévouement obscur. Dernières années et mort du P. Calliat. Le P. Joseph Bon.
Le Père Druilhet était un de ces anciens à qui, lors de la division des Provinces, on avait laissé la faculté de choisir celle à laquelle ils voulaient appartenir. Il avait alors soixante-huit ans. Sa réponse est d'un véritable enfant d'obéissance. Il s'en remettait entièrement à la décision du Père Général, et il ajoutait : «J'oserais seulement, et à deux genoux, vous faire une humble demande : ce serait de ne penser à moi dans ce nouveau partage pour
aucune supériorité. J'ai déjà fait en ce genre tant de fautes qu'il serait plus que temps de les expier par la prière et le silence de la retraite. Cependant, sur ce point encore, mon Très Révérend Père, je suis entièrement entre vos mains et vous dis avec la simplicité de cœur du jeune Samuel : Loquere, Domine, audit servus tuas. (15 Mai 1836.)
La prière du modeste religieux ne fut pas exaucée. Le Père Druilliet était le véritable fondateur de la résidence de Lyon; il la gouvernait depuis trois ans à la satisfaction générale. Malgré les répugnances de son humilité et ses légitimes désirs de retraite, il fut donc maintenu en charge. Nous voyons même par sa correspondance qu'il eut à un moment l'illusion d'avoir été élevé à un degré supérieur de la hiérarchie. Il avait été question en effet, à la suite de la division des Provinces, d'ériger en maisons pi'ofesses les deux résidences de Paris et de Lyon. Déjà, sous la Restauration, celle de Paris avait cru pouvoir s'attribuer ce titre; mais sa prétention était mal fondée ; il fallut y renoncer. Cette fois, on procédait suivant la règle. Le Père Renault, Provincial de Lyon, ayant manifesté ses intentions au Père Général, en reçut la réponse suivante :
« J'ai appris à ma grande consolation, que vous désirez que la maison de Lyon soit déclarée maiso?i professe; rien ne pouvait arriver de plus avantageux à la Compagnie que de voir s'établir en France cette sorte de maisons dont aucune autre Province ne présente l'espoir. Il serait vraiment fâcheux de la voir encore longtemps réduite à ne posséder que la seule maison professe de Rome... J'espère que, malgré les difficultés qui se présentent, la chose pourra réussir. Je le désire vivement; et je suis persuadé que dans ces temps-ci il n'y a guère que la France, que Paris et Lyon où des maisons professes puissents'établir. Tâchez de faire les préparatifs en sorte de pouvoir commencer en l'année 1838. Veuillez communiquer cette lettre au Père Guidée (Provincial de Paris) ; elle est autant pour lui que pour vous. » (30 Décembre 1836.) Trois