CHAPITRE \I
mand par sa naissance, avait été, lors de la division des Provinces, attribué à celle du iNIidi. La Société de Nazareth, dont il avait dirigé les premiers pas à Montmirail, venait à cette même date de prendre pied à Lyon, et le temps ne devait plus tarder beaucoup où, par rétal)lissement de la maison mère aux portes de la cité, elle deviendrait vraiment lyonnaise. Sa petite famille de Nazareth fut, on peut le dire, le principal souci des dernières années du vénérable religieux. Elle avait besoin d'être soutenue dans les tribulations qui ne lui furent pas épargnées. Nous en avons parlé assez au long dans un des premiers chapitres de cette Histoire, pour n'avoir pas à y revenir '.
Le Père Roger retrouvait encore à Lyon une autre institution non moins intéressante qui lui devait, à lui seul, d'avoir vu le jour. Voici comment le Père Druilhet en parlait, dans cette même lettre au Père Général, où il exposait ses scrupules au sujet des noces d'or sacerdotales du fondateur:
« Autre chose plus importante : Il existe à Lyon depuis près de quarante ans une congrégation d'hommes et de jeunes gens, fort zélée, qui fait un bien immense par la nature et par la multiplicité de ses œuvres et qui le doit en partie au secret rigoureux dont elle s'esttoujours enveloppée. C'est le Père Roger qui l'avait fondée en 1800"''. Depuis elle a passé aux mains de l'administration ecclésiastique ; un grand vicaire est à la tête, et le Père Roger, tout cassé qu'il est, entre encore pour beaucoup dans la direction de cette belle et grande œuvre. On peut dire que cette congrégation, toute dévouée à la foi et à sa propagation, représente l'élite de la société de Lyon ; elle compte plus de deux cents membres. Dernièrement ses deux premiers chefs sont venus me trouver au nom de tous, m'annonçant que leur désir était de compter le R. Père
1. Cf. Tome I. Ch. iir, § /(. Item, Vie de la Révérende Mère Elisabeth Rollat. Lyon, 1877.