CHAPITRE VI
pareillement une Association de Saint-François-Xavier dont les adhérents, à la date de 1845, atteignaient le chiffre de 3.000, répartis en quatre sections. Malheureusement pour cette œuvre, comme pour tant d'autres, les documents font défaut. Les ouvriers ont travaillé sans se mettre en peine de faire connaître à la postérité ni leurs labeurs ni leurs succès.
Cependant une seconde résidence de la Compagnie se formait à Lyon sur l'initiative du nouvel archevêque. Dès la première année de son administration, Mgr de Bonald avait exprimé le désir que quelques Jésuites fussent attachés au sanctuaire de Fourvière pour y entendre les confessions des pèlerins qui y affluent de toutes parts. Le 8 janvier 1841, le Provincial en donnait avis au Père Roothaan. Ce serait, disait-il, « une annexe de la résidence de Lyon... Le poste d'ailleurs est fort délicat; assurément les Jésuites ne s'y installeront pas sans éveiller certaines susceptibilités. Mais il y a là un très grand bien à accomplir. »
La réponse du Père Général est du 5 Février. Il autorise à accepter dans le cas où l'archevêque insisterait. Or, à cette date, une bienfaitrice de la première heure, mère de deux Jésuites, Mme Perrin, s'aulorisant d'une parole du Père Maillard qu'elle prenait pour un consentement, avait déjà à moitié conclu l'achat d'une vaste propriété voisine du sanctuaire. Ce devait être la future résidence. Mgr de Bonald, mis au courant de l'affaire, en témoigna sa satisfaction et pressa le Provincial de profiter de Poccasion qu'il estimait avantageuse à tous les points de vue. L'acte de vente fut signé quelques jours après. De généreux concours permirent aux Jésuites d'assumer une charge bien au-dessus des ressources dont ils pouvaient disposer'. Vers le milieu de septembre trois
I . Le Clos Perreyve, admirablement situé sur le coteau de Fourvière, d'une contenance d'un hectare et demi, avec une maison, fut acheté 90.000 francs. (20 Février i84i.)
Pères prenaient possession de la maison aménagée pour les recevoir, elle Père Maillard, volontiers un peu enthousiaste, écrivait : « Ils y sont à demeure depuis quinze jours; ils sont déjà écrasés de besogne du matin au soir. C'est vraiment l'œuvre des œuvres; les fruits de salut y seront des plus abondants. Ce qu'il y a de plus heureux dans celte nouvelle position, c'est qu'on y établira sans doute l'œuvre des retraites; prêtres et laïques viendront là se renouveler : nous nommerons cette chère résidence Domus exercitiorum; elle ne saurait guère dépendre de Lyon. » (28 Septembre 1841.)
Ces derniers mots signifient que, dans la pensée du Provincial, la maison de Fourvière ne devait pas tarder d'avoir son autonomie. De fait, dès l'année suivante, son personnel comprenait sept religieux, dont cinq prêtres, avec le Père Louis Valantin pour Supérieur. (15 Août 1842.) Il avait remplacé le Père Barrelle, rappelé de Fribourg pour présider aux débuts de la nouvelle fondation. Mais le Père Barrelle était alors un prédicateur dans toute la force de l'âge et du talent. A peine arrivé à Lyon, où sa réputation l'avait précédé, il passa perpétuellement d'un ministère à un autre, ne faisant à Fourvière que de rares et courtes apparitions. Il fallait à la résidence du pèlerinage un chef plus sédentaire. Avant la fin de l'année le Père Barrelle descendit à la rue Sala, où il était assurément mieux à sa place.
La Compagnie de Jésus pouvait à justre titre se féliciter d'être établie à l'ombre du sanctuaire cher à la piété lyonnaise. Pour être obscure l'activité de la nouvelle résidence n'en devait être que plusféconde. Le Père Maillard n'était pas seul à en juger ainsi. Son socius et futur biographe, le Père Firmin Pouget, écrivait de son côté : « A Fourvière, c'est vraiment une bénédiction. On y confessera tant qu'on voudra. Le travail n'y manquera jamais, et l'on y fait de l'ouvrage solide. » (10 Octobre 1841.) A son tour, le Père Valantin écrit sur la fin de la première année de son supériorat: « Plus nous allons, plus notre