I. Lettre au P. Général, i5 août i
Voyez, mon Révérend Père, dans votre sagesse et votre charité ce que vous voulez faire de moi. Quelle que soit votre décision vous me trouverez toujours disposé à m'y conformer corde et animo. » (23 Mars 1845.)
Le saint vieillard dut porter son fardeau jusqu'à son dernier jour. Il s'éteignit doucement le 30 août suivant. Une semaine après (7 septembre), le Père Général, qui n'avait pas encore reçu la nouvelle de sa mort, lui écrivait pour lui annoncer qu'un successeur lui était donné et qu'il allait enfin pouvoir prendre un peu de repos. Sans le savoir, le premier Supérieur de la Compagnie faisait dans cette lettre l'éloge funèbre de celui à qui elle était adressée: «Je n'oublierai pas, disait le Père Roothaan, que, le 2 octobre prochain, il y aura près de vingt-cinq ans que, sans débrider, vous portez le fardeau de la supériorité. C'est au nom de cette chère maison de Toulouse, dont vous avez assuré l'existence en vous faisant pour elle religieux mendiant, c'est aussi au nom des deux Provinces de France et de toute la Compagnie que je vous remercie, mon Père, du zèle toujours soutenu avec lequel vous avez rempli les différentes supériorités qui vous ont été confiées dans des temps qui presque toujours ont été orageux. Saint Ignace s'en souviendra, soyez-en sûr, et le Seigneur vous en récompensera lui-même; erit merces tua magna ni mis ^. »
Les Jésuites de Toulouse eussent volontiers emprunté aux livres inspirés, pour en faire l'épitaphe de leur Supérieur, une autre parole qui ne se vérifie pas dans tous les saints canonisés : Dilectus Deo et hominibus-. Ouvrier de la première heure, le Père Druilhet n'avait pu recevoir de la Compagnie la formation religieuse qu'elle donne à ses enfants dans un noviciat régulièrement organisé. Il ne s'en consolait point, estimant dans son humilité ce déficit irréparable. « En 1820, écrivait-il un jour, je demandai
I . Il sera lui-même votre très grande récompense. Genèse, xv, i. a. 11 fut cher à Dieu et aux hommes. Ecclésiastique, xlv, i.