CHAPITRE VI
sur ce sacrifice; jamais rien, pas un mot pour revenir à Paris '. »
C'était en 1833. Arrivé à Toulouse le Père Ronsin fut occupé d'abord dans la prédication; mais s'apercevant que sa mémoire le servait mal et que l'étude de ses sermons, très correctement écrits, absorbait un temps qu'il pourrait employer plus utilement à la gloire de Dieu, il sollicita et obtint du Père Provincial l'autorisation de ne plus monter en chaire. A peine consentait-il à donner quelques instructions dans les communautés religieuses. Dès lors il se consacra tout entier à la direction des âmes "et à l'administration du sacrement de pénitence. 11 passait régulièrement au confessionnal huit heures par jour; le nombre des personnes qui lui avaientdonné leur confiance dans la seule ville de Toulouse s'élevait au moins à douze cents 2. C'est dans l'exercice de ce dévouement obscur que s'acheva la carrière de l'humble religieux dont on avait fait le héros de tant de fables sinistres et ridicules. Dans l'été de 1846, le Père Maillard écrivait, à la suite de sa visite provinciale à Toulouse : « Le Père Ronsin a singulièrement dépéri depuis trois mois ; il semble ne plus tenir à la vie que par un fil, et toutefois il est chaque jour au confessionnal, comme au plus beau temps de sa vie apostolique. » (24 Juillet 1846.) Il mourut le 4 novembre, âgé de soixante-seize ans ^.