‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 163 sur 382 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

cimetière privé, à la maison de campagne du noviciat; le Père Charles Gloriot en avait pris possession l'un des premiers; le Père Déplace alla reposera ses côtés.

L'ancienne cité des Papes n'avait pas cessé de se montrer hospitalière à la Compagnie de Jésus. La résidence d'Avignon représentait à elle seule plusieurs communautés. Au lendemain de la division des Provinces (1836- 1837) elle abritait, outre son personnel de missionnaires, le noviciat, les Pères du Troisième An, plusieurs théologiens et un petit groupe de novices espagnols venus en France chercher un asile ; au total cinquante-quatre religieux. Le Père Fouillot, qui en était le Supérieur, écrivait au Général que la plus lourde partie de sa tâche lui venait de la confiance même et de la sympathie des gens du dehors. « Car Votre Paternité sait, disait-il, que la majeure partie du peuple d'Avignon nous est dévouée. » Sur la fin de 1838, le Troisième An émigra à Notre-Damed'Ay et le Père Fouillot céda la place au Père Gury. Le noviciat grandissait, en effet, et envahissait l'espace. Dès le début de la seconde année, le Père de Jocas, maître des novices, annonçait que leur nombre allait montera trente-six, non compris les coadjuteurs. (27 Octobre 1837.) Et ce qui vaut mieux encore, plusieurs parmi ces recrues que Dieu envoyait à la jeune Province de Lyon se distinguaient par des vertus ou des talents pleins de promesses. De fait, les catalogues du noviciat présentent à cette époque une quantité de noms qui figurent à des titres divers parmi ceux que la Compagnie de Jésus aime à se rappeler.

Citons entre autres Jean-Baptiste Flandrin, les deux frères Jules et Auguste Payan, François-Xavier Gautrelet, l'éminentet saint religieux que nous retrouverons encore, Claude Bedin, l'un des plus héroïques missionnaires du Maduré, Charles Rion et Nicolas Tissier, tous deux déjà

prêtres, le premier venu un peu tard, âgé de quarante ans, mais, disait le Père de Jocas, « homme de grande expérience et de beaucoup de prudence »^ l'autre, d'un tempérament de feu, d'un zèle dévorant qui assurément ne se contenterait pas de rendre à Dieu des services vulgaires ; Lazare Raynaud, ci-devant avocat à Marseille ; le maître des novices ajoute à son nom cette simple note : « C'est une bonne tète » ; chargé du gouvernement de ses frères pendant toutes ses années de vie active, comme Supérieur et Provincial, il ne devait pas démentir ce signalement. Jules Servière, futur Provincial de la Province de Toulouse, aurait bien mérité une mention semblable. De même encore Edouard de Bouchaud, qui devait fournir une belle carrière dans la prédication et le gouvernement des collèges. Vient ensuite Albéric de Foresta. « Celuilà, dit le Père de Jocas, est un ange. Le curé du pays qu'il habitait nous a raconté qu'en le voyant une femme de mauvaise vie a été si touchée de son air de candeur qu'elle a renoncé à ses désordres. Louis de Boisgelin, neveu de l'évêque de Marseille, Mgr de Mazenod, venudeFribourg comme Albéric de Foresta, était attaché de l'ambassade de France à Vienne; il a laissé là le bel avenir qui s'ouvrait devant lui, et il fait l'admiration de ses compagnons du noviciat et du maître des novices lui-même par sa simplicité et sa générosité de caractère. » Atteint d'une maladie de langueur au cours de ses études au scolasticat de Vais, il revint mourir à Avignon à l'âge de vingt-sept ans. (24 Mars 1842.) Nommons encore Gabriel Bouffîer, pendant de longues années Supérieur de la résidence ou recteur du collège d'Avignon; Pie de Blacas, au sujet duquel le Père Renault écrivait : « Un des fils de M. le duc de Blacas, Pie, né à Rome pendant que son père y était ambassadeur et dont le pape Pie Vil avait daigné être le parrain ; c'est un des meilleurs des six excellents

1 . Charles Rion avait été secrétaire de la préfecture de l'Ain, puis chargé de l'éducation du comte Franz de Champagny.

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