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CHAPITRE VII

lendemain de la Révolution de 1830. Cette résidence, joyau de la Province de Lyon, eut des débuts particulièrement difficiles; il fallut de longues années pour établir son statut canonique et lui faire un régime de tout point acceptable. Le problème à résoudre fut tout d'abord de pourvoir à l'entretien des missionnaires sans aller contre les prescriptions de l'Institut, très sévères sur l'article de la pauvreté religieuse. Le village de Lalouvesc n'offrait d'autres ressources que les honoraires de messes et les quêtes ou offrandes à l'église. D'après leurs règles les Jésuites ne pouvaient user ni des unes ni des autres. Une première convention passée entre l'évêque de Viviers et le Père Druilhet, alors Provincial de France, dut être, pour ce motif, revisée sous l'administration du Père Renault. En vertu d'un nouveau contrat fait en 1837, tous les revenus du pèlerinage étaient perçus par le mandataire de l'évêque qui s'engageait à servir un modeste traitement aux missionnaires. Tout d'abord ils furent heureux de cet arrangement et ils en témoignent leur joie : « Plus d'obligation de dire des messes rétribuées. Nous ne nous mêlons plus de rien en fait de perceptions ou recettes quelconques pour le pèlerinage, ni des réparations tant à l'église qu'à la maison. C'est M. le curé et son vicaire qui en sont chargés '. » Mais bientôt les inconvénients apparurent. Le successeur du Père Renault ne craignait pas de déclarer la situation tout à fait fausse et intolérable : « C'est un véritable servage; les Pères ne peuvent faire poser sans permission un carreau brisé ; en outre le traitement promis n'est pas versé exactement. Impossible par suite d'avoir un personnel en proportion des besoins. » (8 Juillet 1840.) Le Père Maillard conclut effectivement avec l'autorité diocésaine un nouveau contrat, qui garantissait à la communauté une existence plus correcte et plus décente^.

1. Le p. Rigaud Supérieur au P. Général, ii Janvier et 6 juillet i838.

2. L'évêque de Viviers était Mgr Guibert, plus tard archevêque de Tours, puis de Paris et cardinal. {Convention pour Lalouvesc. Archiv. Lugd. XXII, 996, loSa.)

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Une autre amélioration, qui avait son importance ^ ne put être réalisée que trois ans plus tard. Voici comment le Provincial de Lyon en donnait la nouvelle : « Enfin la résidence a été séparée de la cure, et du coup voilà l'ordre et la discipline assurés. » (25 Mai 1844.) Toutefois, il y avait encore mieux à faire : Les Jésuites occupaient un immeuble communal dont la jouissance pouvait leur être retirée d'un jour ou l'autre. Le successeur du Père Maillard annonce que cet état de choses va cesser : « Mgr de Viviers vient de nous donner une preuve manifeste de sa bienveillance en nous concédant en toute propriété un terrain sur lequel nous bâtirons une maison à nous. Il nous a pressés lui-même de le faire pour consolider notre situation à Lalouvesc. » (31 Décembre 1846.) Le Père Roothaan s'empressa de faire exprimer la vive gratitude do la Compagnie à Mgr Guibert à qui elle devait d'être installée en un lieu qui lui était si cher, de telle façon que « ni les successeurs de Sa Grandeur, ni la commune, ni le Gouvernement ne puissent jamais l'en expulser ». (3 Février 1847.)

Dans la même lettre le Père Général formulait un vœu qui depuis bien des années hantait la pensée des missionnaires de Lalouvesc : « On dit que la chambre où est mort saint François Régis est habitée par un pauvre ménage et qu'il n'y a aucun signe particulier qui rappelle l'événement. 11 serait à désirer que l'on en fît l'acquisition et que, sans en changer la forme, du moins à l'extérieur, on la convertit en oratoire, avec l'agrément de Mgr l'évêque. »

Ce pieux désir fut exaucé quelques années plus tard. Une lettre du Père Roothaan du 21 janvier 1849 félicite les Pères de Lalouvesc pour l'acquisition du vieux presbytère où est mort saint François Régis. Les travaux de réparation et l'aménagement en chapelle de la pauvre masure étaient terminés. Le Père Maillard, alors Provincial de Lyon pour la seconde fois, raconte ce qu'il vient de voir : « Nous avons trouvé à Lalouvesc nos braves Pères

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