‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 190 sur 382 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

réunis autour de Mgr l'évêque de Viviers. Le prélat s'était rendu sur la sainte montagne pour bénir solennellement la nouvelle chapelle érigée en l'honneur de saint François Régis dans la maison même où il rendit le dernier soupir. C'est un pieux et joli sanctuaire où vont affluer et puiser de touchants souvenirs les nombreux pèlerins qui accourent au tombeau du Saint Père. C'est une rotonde qui a l'avantage de laisser intact le pan de cheminée et le fond même de la pauvre demeure qui le vit mourir. 11 y est représenté les bras étendus, les yeux ouverts et fixés sur Jésus et ÙNIarie qui lui apparaissent pour emporter son ame au ciel. A ses côtés est le bon Frère coadjuteur, témoin et compagnon de ses apostoliques travaux. Il récite encore les dernières prières, quand le saint est ravi et passe à la patrie éternelle. Le groupe religieux, presque de grandeur naturelle, est impressionnant; il inspirera de salutaires pensées aux pieux pèlerins et touchera bien des cœurs. Defuncius aclhuc loquctur. » (7 Mai 1852.)

A cette date, les missionnaires habitaient déjà depuis deux ans la résidence bâtie sur le terrain donné par l'évcque de Viviers. Par une nouvelle faveur, le vénérable prélat venait de remettre complètement à la Compagnie la paroisse en même temps que le pèlerinage. Désormais le Supérieur de la résidence aurait aussi le titre et exercerait les fonctions de curé. Il y avait assez de bonnes raisons pour justifier, on pourrait dire, pour exiger une dispense à la règle générale. « L'acceptation de ce titre, écrivait le Père Général, ne peut, dans les circonstances présentes et vu votre position particulière, qu'être avantageuse soit pour la discipline religieuse, soit pour l'exercice du saint ministère; et pourvu que le casuel soit toujours fidèlement appliqué aux bonnes œuvres de la paroisse, l'esprit de pauvreté ne pourra pas en souffrir. » (21 Janvier 1849'.)

I. Au sujet de la cure de Lalouvesc acceptée par les religieux de la Compagnie, le Père Roothaan écrivait au Provincial de Lyon : « Je vous

Au surplus cette résidence de Lalouvesc était un merveilleux foyer d'activité apostolique. Le pèlerinage d'une part, de l'autre les Missions dans les villes et les campagnes offraient au zèle des héritiers de saint François Régis un champ illimité. 11 fallait s'y dépenser sans compter, mais devant l'abondance de la moisson les ouvriers oubliaient la peine qu'ils prenaient pour la recueillir. Les rares correspondances des missionnaires parvenues jusqu'à nous, les souvenirs consignés dans les Annales se résument en ces deux mots qui reviennent avec une monotonie touchante : beaucoup de fatigues, encore plus de consolations.

« Notre personnel, écrit le Père Rigaud, se compose toujours de sept ou huit Pères... Nous avons tous beaucoup travaillé depuis le 1" janvier. L'ouvrage est toujours bien au-dessus de ce que nous pouvons faire. Le pèlerinage est florissant. Pour les retraites et les Missions, nous sommes tellement pressés, harcelés par les demandes de MM. les curés qu'il est bien difficile de ne pas accorder au delà de nos forces. » (22 Juillet 1839.) Son successeur, le Père Casimir Laurens, est plus explicite encore : «... Nous serions trente missionnaires que tous auraient abondamment de quoi s'occuper. Il est impossible, mon Très Révérend Père, de se faire une idée du véritable feu roulant de Lalouvesc, si on ne le voit pas de ses yeux. Je souffre de voir nos Pères écrasés de travail le jour et la nuit en toute saison. Je fais bien tout ce que je puis pour leur ménager quelque repos... Mais pari'uli peticrunt panem, et hélas ! plus d'une fois non erat qui franger et eis^. Gomment s'arrêter?... Nous

envoie la dispense que j'ai cru utile de demander à Sa Sainteté pour nos missionnaires de Lalouvesc m perpetiium. Ce moyen ra'ajjaru le plus propre à couper court aux difficultés. Lés rétributions dites Jura siolae elles aumônes pour les messes pourront être perçues par les Nôtres, à condition qu'elles seront consacrées soit aux dépenses du culte et à l'entretien de l'église, soit aux pauvres ou à quelque bonne œuvre en faveur de la paroisse. » (6 Mai i85o.)

I. u Les petits enfants ont demandé du pain, et il n'y avait personne pour leur en donner, » (Lamentation de Jéréraie, iv, 4-)

Page 1