‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 191 sur 382 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

avons donné pendant l'hiver dernier quatorze Missions dont plusieurs demandées avec instance depuis 1834, puis des retraites sans nombre, et j'ai encore le regret de faire beaucoup de mécontents parmi les curés. » (29 Août 1841.)

Aussi après chacune de ses visites, le Provincial a peine à contenir son émotion : « Lalouvesc, maison admirable, autant par le zèle et les travaux de nos ouvriers que par le concours, la foi et la piété des pèlerins. 11 est impossible de dire, de se figurer même le bien qui s'accomplit là dans le cours de la belle saison, alors que des personnes de tout rang, de toute condition y affluent, soit pour se livrer aux saints Exercices sous la direction de nos Pères, soit seulement pour se confesser et communier au tombeau de saint François Régis. Impossible aussi de faire plus de Missions dans le reste de l'année. Les missionnaires sillonnent, au pied de la lettre, le diocèse de Viviers et même les diocèses voisins, heureux de marcher sur les traces de saint François Régis dont ils partagent et imitent la vie... » (Juillet 1841, août 1842.) Le .socm^ du Provincial fait entendre une autre note : « Cette année le concours a été grand à Lalouvesc. Nos pauvres Pères s'y tuent. L'été ils travaillent jour et nuit ; l'hiver ils donnent des Missions. Je ne comprends pas comment ils peuvent y tenir. » (10 Octobre 1841.)

Toutefois la Providence avait amené au petit groupe des missionnaires de Lalouvesc un corps d'auxiliaires qui, pendant toute la période dont nous nous occupons, prit sa part du fardeau. Tout d'abord la maison de Notre-Damed'Ay parut destinée à leur servir de résidence pendant l'hiver'; mais après un essai on reconnut que ce changement de domicile était une délicatesse superflue ; le vieux castel pouvait être mieux utilisé. A l'automne de 18391eTroisiéme An y fut transféré d'Avignon; la solitude,

I. « Nous sommes tous présentement à Notre-Dame-d'Ay, un Père et trois frères. coadjuteurs exceptés, qui sont restés à Lalouvesc. » (Lettre du P. Rigaud, ii janvier i838,) « Chaque jour nous conlîrrae dans la persuasion qu'une maison de ce genre est indispensable pour les ouvriers de Lalouvesc, même pendant l'été. » (Du même, 6 juillet i838.)

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le voisinage du tombeau de saint François Régis, l'atmosphère de paix, de piété et de zèle apostolique qu'on respirait au pied de la sainte montagne avaient fixé le choix des Supérieurs, Les missionnaires ne descendirent pas pour y chercher une température plus clémente; ils allèrent évangéliser d'autres villages; mais ce furent les Pères du Troisième An qui, à peine installés, montèrent à Lalouvesc prendre leur place et faire pendant un mois, en plein hiver, les Exercices spirituels. A la veille de Noël, le Père Fouillot écrivait: « Nous avons fait la grande retraite aux pieds de saint François Régis, qui nous a merveilleusement secourus. Jamais je ne m'étais senti aussi aidé en donnant les saints Exercices. Cette assistance nous a suivis quand nous sommes redescendus à Notre-Damed'Ay. » (23 Décembre 1839.)

Entre autres expériments obligatoires qui remplissent le Troisième An figure un mois entier de Mission. On ne pouvait être mieux placé qu'à Notre-Dame-d'Ay pour satisfaire à cette exigence de l'Institut. Le Père Rigaud parle dans ses lettres de « la soif ardente » qu'on a des Missions dans tout le pays d'alentour ; impossible de suffire à toutes les demandes. Aussi ce fut avec bonheur que l'on vit arriver le renfort des Pères du Troisième An; les Supérieurs de Lalouvesc en parlent avec effusion dans leur correspondance: «Voilà le moment où les Tertiaires vont partir pour les Missions; la plupart sont sous la conduite des missionnaires de la résidence. Us font ainsi leur apprentissage. Mais avec quelle générosité, quelle chaleur de cœur ils donnent les prémices de leur apostolat! Aussi Dieu bénit leurs travaux au delà de toute espérance... » (24 Janvier 1842.)

Les Pères du Troisième An apportaient un concours non moins précieux à la résidence de Lalouvesc pendant la saison du pèlerinage. Chaque samedi, plusieurs d'entre eux étaient désignés pour aller prêter main-forte aux missionnaires; de bonne heure dans la soirée, ils faisaient à pied l'ascension par les sentiers de la montagne; ils passaient

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