‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 246 sur 382 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

institutions. » Le compte rendu officiel porte après cette tirade la note: Sensation.

La Chambre n'en demandait pas davantage. Malgré le Gouvernement et la commission, l'amendement fut voté. « C'était, dit Guizot dans ses Mémoires, enlever à la loi proposée ce grand caractère de sincérité et de droit commun libéral que j'avais eu à cœur de lui imprimer, » Au surplus, poursuit-il, « peu de jours après, le cabinet fut dissous; je sortis des affaires et mon projet tomba avec moi, sans aller jusqu'à la Chambre des Pairs. S'il fût resté tel que je l'avais présenté tout d'abord, peut-être, malgré quelques incohérences et quelques lacunes, eût-il sufli à résoudre la question de la liberté d'enseignement et à prévenir la lutte déplorable dont elle devint plus tard l'objet. Mais, par les amendements qu'il avait subis, ce projet de loi, en restreignant expressément, surtout pour l'Eglise et sa milice, la liberté que la Charte avait promise, envenimait la querelle au lieu de la vider. 11 ne méritait plus aucun regret '. »

L'essai loyal de Guizot ne fut pas repris par ses successeurs. Les ministres éphémères, qui se transmirent le portefeuille de l'Instruction publique de 1837 à 1840, se préoccupèrent surtout de défendre l'Université et d'élargir ses privilèges.

Sur la fin de 1840, M. Villemain devint pour la seconde fois titulaire de ce département; c'est pendant les quatre années qu'il y demeura que se livra la grande bataille. Dès son arrivée, il entreprit de résoudre la question de la liberté d'enseignement. L'n projet de loi fut déposé au mois de février 1841. C'était un escamotage. L'exposé des motifs lui-même contestait le principe de la liberté ; par les exigences imposées à l'ouverture et au fonctionnement

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