‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 249 sur 382 · I. chroniques parisiennes, pp. looet · texte numérisé non relu

I. chroniques parisiennes, pp. looet

moins dévergondée. Mais, ce qui ne s'était pas vu jusqu'alors, certaines parties de l'enseignement, celui de la Philosophie surtout, avaient pris, aux alentours de 1840, un caractère ouvertement antichrétien. « L'enseignement philosophique de l'Université, dit Thureau-Dangin, par lequel devaient passer tous les aspirants au baccalauréat, s'était émancipé de la religion à laquelle il avait été jusque-là plus où moins subordonné, et était passé sous l'autorité d'une école, ou pour mieux dire d'un homme ; cet homme était M. Cousin. ' »

Directeur de l'École Normale, deux fois académicien, Pair de France, président de fait, quand il ne l'est pas en titre, des Conseils et comités universitaires les plus influents, M. Cousin exerce sur l'Instruction publique en France, sous la Monarchie de Juillet, une véritable dictature. Les ministres passent, mais M. Cousin reste, et hommes et choses, tout est dans sa main. Or, M. Cousin a fondé un système philosophique qui règne dans les hautes régions de l'Université et que les maîtres formés par lui sont chargés de propager par toute la France. A défaut de la religion d'Etat supprimée par la Charte de 1830, on aura une Philosophie d'Etat. L'« éclectisme » — c'est le nom qu'on lui donne — se présente comme une doctrine aimable et raffinée, elle répudie le sensualisme du dixhuitième siècle, elle enseigne la spiritualité de l'âme, l'existence de Dieu, la loi morale; elle évite les attaques brutales contre les croyances religieuses, mais elle les regarde de haut, avec une pitié dédaigneuse; toute religion révélée est désignée par le nom de « mysticisme », et grâce à cette appellation on exécute poliment le christianisme; le christianisme est « la plus belle », mais « la dernière des religions ». Tout esprit cultivé la remplace par la Philosophie. Rationalisme élégant, mais radical, avec une forte teinte de panthéisme, c'est en quoi se résume l'éclectisme cousinien. Aussi ses plus récents

I. Thureau-Dangin. Histoire de la Monarchie de Juillet. T. V, p. 469.

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