Le Mémorial catholique, août
sortir même ceux qui ont fait des vœux. Lettres, visites, émissaires, tout est employé'. »
Comme on Ta vu plus haut, dès l'apparition du second volume de V Essaie où se formulait pour la première fois le système philosophique mennaisien, le Père Rozaven en avait préparé la critique; des raisons de délicatesse le dissuadèrent de le publier. Il eût vraisemblablement gardé la même réserve pour son Examen du livre de l'abbé Gerbet^. De fait, ce travail lui coûta peu ; il en avait de longue main réuni tous les éléments ; un sincère amour de la paix retint le manuscrit en portefeuille pendant près de cinq ans. Des instances venues de haut lieu purent seules l'en faire sortir. La première édition de VEaameii porte la date de 1831 3. Il n'était pas possible de donner un titre plus modeste à un ouvrage plus achevé et plus décisif. On en croira l'historien même de Mgr Gerbet et de l'école mennaisienne : « Ce livre est sérieux, grave, nerveux, logique; il fait toucher du doigt les erreurs du système philosophique du sens commun que l'abbé Gerbet, disciple trop fidèle, avait voulu poser pour base de l'enseignement ou plutôt de la réforme de l'enseignement théologique^. » Venant d'une telle source, ce suffrage nous dispense d'en rapporter d'autres où l'éloge prend le ton de l'enthousiasme.
Par contre, le livre du Jésuite eut le don d'exaspérer l'inventeur du système. Voici ce que Lamennais écrivait à l'abbé Gerbet, le i®' février 1832 : « Dans la prochaine édition de votre livre, ayez seulement soin de faire revenir,