CHAPITRE IX
une nouvelle édition était réclamée et attendue; on ne crut pas devoir la faire; nous dirons bientôt pourquoi. Mais une seconde publication, L'Université jugée par ellemême, vint compléter et renforcer la première ^
Le « Monopole » était un arsenal où l'épiscopat trouvait abondamment à se fournir d'armes pour sa campagne contre l'enseignement universitaire. Plusieurs de ses membres ne marchandèrent pas leurs félicitations à celui qui passait pour en être l'auteur; quelques-uns, d'autre part, plus impressionnés par les côtés répréhensibles de l'œuvre, ou par les conséquences fâcheuses qu'ils prévoyaient, laissèrent plus ou moins entrevoir leur désapprobation. Seul toutefois l'archevêque de Paris donna à la sienne la forme d'un blâme formel et public. Gomme nous l'avons dit, il s'était senti obligé, lui aussi, par le devoir de sa charge pastorale, à s'élever contre la Philosophie rationaliste et antichrétienne de l'Université. Ami de la paix et soucieux d'entretenir la bonne harmonie entre les puissances, il le fit de façon plutôt objective et, si l'on peut dire, académique, ayant soin de répudier toute solidarité avec les hommes qui attaquaient l'institution elle-même, sans ménagement comme sans autorité. L'écrit parut sous le titre de Observations sur la controverse élevée à l'occasion de la liberté d'enseignement. On y lisait à propos du Monopole : « 11 (le clergé) repousse la responsabilité de deux livres récemment publiés. Le premier, adopté ou écrit par un chanoine de Lyon, signale des erreurs qui ne sont que trop réelles, trop pernicieuses; mais étant éloigné des écrivains qu'il voulait juger, il a confondu des hommes dont il devait séparer la cause... Il a pris un ton très injurieux, etc. »
Le « chanoine de Lyon » n'était pas d'humeur à s'incliner sous cette semonce d'un prélat dont il n'était pas le justiciable. Originaire du Rouergue, comme Mgr Affre