Cf. L'Ami de la Religion, 5 décembre iSU- T. CXXIII
des discussions passionnées qui eurent lieu aux Chambres et dans les journaux après le pèlerinage des royalistes à Londres. Dans les derniers jours de décembre les murs de la maison de la rue des Postes se couvrirent de placards injurieux et menaçants. On y voyait des Jésuites dans toutes les attitudes de criminels en train de payer leur dette à la justice, ligottés, flagellés, pendus à la potence ou aux réverbères. Les inscriptions commentaient l'image. Les Lettres annuelles ont conservé quelques spécimens de cette littérature : « Malheur aux Jésuites! ! ! — Mort à ceux qui veulent s'élever contre l'Université! Mort à ceux qui veulent rétablir le paganisme (!?), qui séduisent les âmes faibles, les vieilles bigotes pour parvenir à dominer partout ! Mort enfin à ceux qui traitent Molière d'excommunié ! » Et cette autre qui portait presque sa signature : «Si les Jésuites continuent à faire la mauvaise tête, on les fera danser avec leur boutique. Avant huit jours ils rôtiront. On leur fera gagner le ciel par le martyre. Il faut un exemple qui épouvante cette canaille, et les étudiants se chargent de venger l'Université, puisque le Gouvernement ne veut pas s'en charger. Gare à eux ! »
Citons encore ce fragment d'une lettre reçue alors par le Père Recteur, et qu'il crut devoir conserver entre beaucoup d'autres : « A tous les êtres composant la Compagnie soi-disant de Jésus : Vermine immonde ! Tu as reparu au milieu de cette nation régénérée par 1792. Rentre au plus tôt dans les repaires inconnus, dans les fanges croupissantes d'où tu as osé ressortir. Sinon la vraie France saura bien se résigner, si indigne que soit pour elle cette sale besogne, à t'écraser sous son pied. »
A certains jours où la passion irréligieuse peut donner toute sa mesure, les grossières injures sont remplacées tout naturellement par des balles de revolver. C'est pourquoi, malgré nos répugnances, nous reproduisons ces insanités; ceci précède cela et l'explique. Et telle est, sous des formes différentes, la conclusion tirée par la