I . Les Jésuites et VUniversité, p
lité de religieux et de Jésuites. Ce sacrifice ne leur serait plus imposé désormais ; « Voilà, écrivait le Père Général, notre nom reconquis en France. »
Le Père de Ravignan poursuivait : « Jésuite, je ne l'ai pas toujours été... Avant de me faire prêtre et Jésuite, j'étais homme de mon temps; je le suis encore. Français, je n'ai pas cessé de l'être.
« En me faisant religieux, je n'ai entendu ni abdiquer ma patrie, ni violer ses lois, ni renoncer à mes droits ou à mes devoirs de citoyen... »
11 avoue que lui aussi il a eu « des préventions contre les Jésuites » ; mais, il n'hésite pas à l'affirmer, ce sont « les choses qu'on méconnaît, qu'on défigure et qu'on attaque le plus dans les Jésuites », qui l'ont déterminé à « se faire l'un d'eux ». Les accusations contre l'Ordre auquel il appartient « ne s'arrêtent pas devant les plus énormes folies », et il y a encore « quelque chose de plus inconcevable » que ces accusations mêmes, « c'est la crédulité qui les accepte ». « Mais, poursuit-il, si le soleil luit pour tout le monde, est-ce donc que la justice et le bon sens s'éteignent quand il s'agit de nous ? Oui, réellement dans un grand nombre d'esprits, et il y a longtemps que cela dure ». C'est pourquoi le Père de Ravignan entreprend de faire entendre sur sa famille religieuse « la voix de la libre vérité ». « Je viens dans cet écrit en appeler aux hommes réfléchis et leur proposer de résoudre enfin sérieusement les questions qui s'agitent toutes les fois que notre nom est prononcé... Je dirai donc ce que nous sommes: on l'ignore; je l'expliquerai avec précision.
« Quatre choses nous feront bien connaître :
« L'esprit que nous puisons dans le livre des Exercices spirituels de saint Ignace ;
« L'obéissance que ses Constitutions nous imposent;
« L'apostolat que la Compagnie exerce dans les Missions ;
« Les doctrines qu'elle embrasse. »
Tel est l'objet des quatre chapitres dont se compose