‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 317 sur 382 · I . Séance du 9 mai · texte numérisé non relu

I . Séance du 9 mai

pas à conjurer le péril des Jésuites; seul le certificat avait celte vertu. M. Persil eut le triste courage d'expliquer de cette façon à la Chambre qu'elle était obligée de voter le certificat d'études^ si elle ne voulait pas faire œuvre vaine. Il ne craignait pas de conclure : « Toute la loi est là... Sans cela tout tombe et la loi sera tout à fait dans l'intérêt des Jésuites'. »

Poursuivant son discours, M. Persil crut devoir répondre à une objection des rares partisans que comptaient dans cette Chambre non pas les Jésuites, mais la liberté. Ils trouvaient regrettable que la loi qu'on leur proposait fût moins libérale que celles de 1836, de 1840 et de 1841, où il n'était question ni de déclaration^ ni de certificat d'études. D'après M. Persil, ce redoublement de précautions a été rendu nécessaire par l'audace des Jésuites qui se sont imposés aux évéques et qui maintenant les mènent à leur guise. « L'épiscopat a cédé à l'obsession des Congrégations qui ont l'habitude de dominer et de régner partout où on consent à les admettre. Tant que les Jésuites, je n'hésite pas à les nommer, ont été absents de France, l'épiscopat a été admirable, et la religion n'a pas cessé de fleurir et d'étendre son empire... »

Les affirmations tour à tour candides et aventureuses de M. Persil furent reprises par le ministre de l'Instruction publique et par M. Cousin. Pour M. Villemain aussi, le certificat d'études était le complément obligatoire de la déclaration. « C'est, dit-il, le lien de toute la loi. » Quant à M. Cousin, il expliqua avec des accents pathétiques sa conversion au certificat qu'il n'avait point introduit dans son projet de loi de 1840; ce sont bien les Jésuites qui l'ont fait changer d'avis : ft Qui me fera voter pour le certificat? Qui? Vous et vos amis, comte de Montalembert, qui.., avez essayé d'élever sur nos têtes une certaine congrégation détestée... et qui avez par là semé des alarmes dans le pays. »

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